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Numéro 77 (2023-2024)
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La diversité des champs d’intérêt de nos sociétaires donne le ton de cette nouvelle parution. C’est la passion qui nous anime ; la curiosité qui oriente nos recherches ; et la volonté de partager le fruit de nos découvertes qui demeure la mission première de la Société des Dix. En résulte une proposition de lecture qui embrasse les xviie, xviiie, xixe, xxe et xxie siècles ! Tout pour plaire à un vaste lectorat.

Nouveau sociétaire, Jean-François Palomino publie son premier article dans les Cahiers des Dix. Par le prisme de la toponymie, certaines cartes du voyage d’exploration de Louis Jolliet et de Jacques Marquette au Mississippi (1672-1674) lui permettent d’étudier les politiques d’expansion coloniale de la France d’Ancien Régime.

Christian Blais s’intéresse à d’autres vastes espaces : l’île d’Anticosti, la Minganie et la Basse-Côte-Nord. À une époque (1774-1831) où ces « côtes du Labrador » relèvent de la Province de Québec, puis de Terre-Neuve et enfin du Bas-Canada, il montre que le gouvernement « québécois » a tardé à bien administrer ce territoire maritime laurentien.

Louise Pothier nous ramène au début du xviie siècle. Là où se situait la résidence du gouverneur de la Nouvelle-France, Louis Hector de Callière, elle présente les traces archéologiques témoignant des circonstances ayant conduit à la Grande Paix de Montréal de 1701.

Simon Langlois nous propulse au xxie siècle en proposant un portrait des immigrants actifs sur le marché du travail au Québec. Il met en évidence la double réalité des femmes et des hommes immigrants, selon leur appartenance à la classe moyenne ou à la classe ouvrière.

Le sujet couvert par Laurier Lacroix est illustré par la magnifique page couverture de ce numéro. Son texte s’inscrit dans la continuité de l’exposition du Musée McCord qu’il a consacrée aux oeuvres de James Duncan. Dans nos pages, il se penche sur le livre Hochelaga Depicta, rédigé par Newton Bosworth en 1839. Témoin de l’état des connaissances de l’architecture de Montréal au temps du Bas-Canada, cette publication marque un tournant dans l’histoire de l’édition au pays.

Les articles font place ensuite à deux figures qui, l’une et l’autre, ont laissé une marque tangible (et pourtant méconnue) dans leur milieu au xxe siècle. Gilles Gallichan présente le père capucin Alexis de Barbezieux qui, fidèle à la doctrine sociale de l’Église, se dévoue aux paroissiens ouvriers de Limoilou.

Jocelyne Mathieu puise, quant à elle, dans un corpus constitué de cartes postales, de photographies et d’objets personnels que lui a légué la famille de Georgina Lefaivre (qui signait ses articles « Ginevra » ou « Geneviève ») afin de compléter sa biographie de cette pionnière du journalisme.

Nous vivons actuellement une révolution dans le traitement des archives ! Voilà le constat de Dominique Deslandres. Grâce à Transkribus, un logiciel modulé par l’Intelligence artificielle, il est maintenant possible de transcrire automatiquement des sources manuscrites. Des archives paroissiales, judiciaires, notariales, architecturales et archéologiques sont désormais accessibles au plus grand nombre.

Denys Delâge dénonce le fait que les Autochtones soient aujourd’hui définis par le sang, tandis que l’ensemble des Canadiens l’est légalement par le sol. Il rappelle que, durant le Régime français, les sociétés autochtones accueillent des étrangers en leur sein, qu’ils soient captifs, esclaves, membres d’autres nations ou même Européens. Ces apports, montre-t-il, ne doivent cependant pas être assimilés à une dilution identitaire.

Pour finir, à partir d’un document d’archives inédit, Yvan Lamonde propose une note de recherche qui recadre l’histoire de l’Institut canadien de Montréal en l’insérant dans un réseau plus large d’instituts canadiens de paroisses, de comtés et de districts, et qui énonce un projet d’association et la rédaction d’une Constitution qui les chapeauterait tous.

Les Dix vous annoncent enfin que le prochain numéro accueillera Jacques Des Rochers, conservateur au Musée des beaux-arts de Montréal, récemment élu au Fauteuil no 5. Il y publiera son premier article et fera l’objet d’une présentation plus substantielle dans les pages de la prochaine Chronique de la Société des Dix. Dorénavant membre émérite, Laurier Lacroix laisse sa place à un autre grand spécialiste de l’histoire de l’art.

Enfin, le lectorat aura remarqué que le numéro 77 des Cahiers des Dix couvre les années 2023-2024. Il s’agit pour nous d’ajuster le calendrier de production des Dix avec le lancement de nos Cahiers qui aura lieu désormais, non plus au cœur du rude hiver, mais plutôt avec la douceur printanière.

Bonne lecture !
Christian Blais
Cosecrétaire de la Société des Dix