Chronique # 72 (2018)

Jocelyne Mathieu
avec la collaboration des sociétaires


Table des matières
Lucie Robert, élue au sixième fauteuil
L’archéologue Louise Pothier, lauréate du prix des Dix 2019
Premier fauteuil : Simon Langlois
Deuxième fauteuil : Andrée Fortin
Troisième fauteuil : Gilles Gallichan
Quatrième fauteuil : Denys Delâge
Cinquième fauteuil : Laurier Lacroix
Sixième fauteuil : Lucie Robert
Septième fauteuil : Jocelyne Mathieu
Huitième fauteuil : Fernand Harvey
Neuvième fauteuil : Louis-Georges Harvey
Dixième fauteuil : Dominique Deslandres
Nos membres émérites
La Société Charlevoix
Rencontres des Dix
In Memoriam
Hommage à Claude Galarneau
Décès de Susan Warder-Savard (1938-2018)


Lucie Robert, élue au sixième fauteuil
Présentation de Bernard Andrès

Lucie Robert, vous le savez, est ma collègue au Département d’Études littéraires de l’UQAM. Elle y fut même ma directrice durant quelques années. Un département où nous avons elle et moi enseigné les Lettres et la dramaturgie québécoises, mais aussi la sociocritique. C’est dire que nos intérêts académiques ont toujours convergé et qu’ils se recoupent encore. C’est pourquoi je me réjouis aujourd’hui de lui passer le relais à la Société des Dix, en vous adressant ces quelques mots de présentation.

Lucie a été formée à l’Université Laval où ses recherches ont d’abord porté sur le Manuel d’histoire littéraire de Camille Roy et sur l’institution littéraire au Québec. Elle a reçu deux fois le Prix Raymond-Klibansky, d’abord pour la publication de sa thèse, puis, en collaboration, pour sa participation au premier tome de La Vie littéraire au Québec. Ce tome, placé sous la direction de Maurice Lemire, portait sur ma période de prédilection : 1764-1805. Il est paru en 1991, à l’époque où je lançais moi-même le chantier de l’Archéologie du littéraire au Québec.


Lucie Robert, nouvelle Sociétaire des Dix (Sixième Fauteuil) reçoit la médaille des Dix des mains deFernand Harvey, Secrétaire de la Société.

Fidèle artisane du vaste projet La Vie littéraire au Québec, initié par l’Université Laval, Lucie a co-dirigé avec Denis Saint-Jacques le tome V (sur le tournant du XXe siècle). Avant même La Vie littéraire au Québec, Lucie collaborait déjà au projet antérieur du Dictionnaire des œuvres littéraires du Québec (tomes 2 à 5, 8 et 9).

Dans La Vie littéraire Lucie est responsable des sections sur les Biographies, l’histoire (comme genre littéraire), la vie théâtrale et les textes dramatiques. J’ajoute que, spécialiste de la dramaturgie québécoise, Lucie tient avec application, depuis plus de 30 ans, la chronique
« Dramaturgie », dans Voix et images. Vous avez peut-être aussi entendu ses chroniques de dramaturgie à Radio-Canada.

Ce qu’on sait moins, c’est que Lucie a fourni dans l’ombre (sans signature) la majeure partie des chapitres sur l’Éloquence religieuse, les Satires, les Pamphlets et la Polémique au XIXe siècle. Actuellement, elle s’occupe des radio-romans, des causeries radiophoniques et de la Littérature jeunesse. Bientôt viendra, en plus de ces sujets, la littérature télévisuelle avec le prochain tome de La vie littéraire: 1948-1962.

Spécialiste du XIXe siècle québécois, mais aussi de la premièremoitié du XXe, Lucie s’intéresse à l’histoire littéraire des femmes, mais, plus largement, aux Lettres et à la scène québécoises (en théâtre, elle « couvre » aussi toute la production contemporaine). Elle a dirigé d’importants projets subventionnés, dont le fameux CRILCQ (Centre interuniversitaire de recherche sur la littérature et la culture québécoises). Durant ces dix dernières années, elle a aussi animé deux projets CRSH, l’un sur l’Histoire de la vie artistique au Québec de la fin du XIXe siècle à la Deuxième guerre mondiale, et l’autre sur Interdisciplinarité, multidisciplinarité et transdiscursivité dans la vie artistique au Québec (1895-1948).

Dans le domaine de l’édition, outre la revue Voix et images qu’elle a dirigée avec brio, Lucie a travaillé sur le roman Charles Guérin de Pierre-Joseph-Olivier Chauveau. Elle a également consacré de nombreux articles et chapitres de livres à Philippe Aubert de Gaspé, Henri-Raymond Casgrain, Pierre-Joseph-Olivier Chauveau, Octave Crémazie, Joseph Quesnel, Laure Conan, Louis Fréchette et François-Xavier Garneau (notamment dans un ouvrage co-dirigé par Gilles Gallichan en 1998).

On ne compte plus ses collaborations aux encyclopédies et dictionnaires :

  • Dictionnaire biographique du Canada,
  • Dictionnaire des artistes du théâtre québécois,
  • La Nouvelle Encyclopédie canadienne,
  • The Oxford Companion to Canadian Theatre,
  • Le Dictionnaire des intellectuels, co-dirigé par Yvan Lamonde,
  • Et (bien sûr), Le Robert littéraire.

Actuellement, Lucie est aussi chargée de (et surchargée par) une série importante de notices sur la dramaturgie, dans l’Atlas littéraire du Québec, que Pierre Hébert et moi-même dirigeons avec Alexandre Gagnon (Atlas littéraire pour lequel, du reste, nous avons débauché trois autres sociétaires des Dix !).

Mais revenons aux Dix qui accueillent aujourd’hui notre collègue et amie et qui attendent beaucoup de sa venue dans notre petite académie. À quoi pouvons-nous nous attendre de sa part, dans nos discussions et dans nos Cahiers ? Parmi les thèmes chers à Lucie, thèmes que nous retrouverons certainement dans nos Cahiers, mentionnons la critique féministe, les notions d’« art social », de « canon littéraire» , de discours biographique et de signature. C’est aussi tout le domaine de la littérature orale, et au théâtre, du corps et de la voix, ainsi que le monologue au féminin.

Pour finir, deux mots sur ce qui nous rapproche, Lucie et moi, mais aussi nous tous, aux Dix : l’intérêt soutenu pour l’Histoire. L’Histoire et la façon de la lire et de la dire. J’aime beaucoup le titre d’un article de Lucie dans Les Cahiers d’histoire du Québec au XXe siècle (1998). Son travail portait sur le « Dire, au théâtre ». Et Lucie avait cette superbe formule sur laquelle je terminerai cette présentation trop lacunaire: « La langue est la métaphore de l’histoire ».

Bienvenue, Lucie, dans l’histoire des Dix !

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L’archéologue Louise Pothier, lauréate du prix des Dix 2019
Présentation de Laurier Lacroix


Louise Pothier, archéologue, Prix des Dix 2019 (Photo : Caroline Thibault)

On nomme Montréalistes, les 88 premières personnes qui se sont installées à Ville-Marie en 1642 et 1643. Dix ans plus tard, la Grande Recrue amène une centaine d’autres Français qui relancent la fondation de la future métropole.

Ces pionniers ont des descendants, les néo-Montréalistes qui n’ont de cesse de mieux connaître et de nous faire découvrir les origines de la colonie. Ces infatigables chercheurs évoquent les étapes du développement de Montréal et font revivre par le biais de l’archéologie, de l’histoire, de la muséologie et de la médiation culturelle la période de contact avec les Amérindiens, le début et le développement de la ville. Notre lauréate rappelait justement comme : « Il est  difficile d’imaginer la complexité des situations diplomatiques, culturelles, religieuses et  économiques qui ont eu cours dès les premières années au fort de Ville-Marie [1]. »

Louise Pothier fait partie de ce peloton de tête qui depuis 25 ans reconstitue écofact par écofact, fragment par fragment, document par document, le riche passé de Montréal. Détentrice d’un baccalauréat en études anciennes et en archéologie classique et d’une maîtrise en arts et traditions populaires de l’Université Laval, Louise Pothier s’intéresse d’abord à l’archéologie subaquatique dont elle étudie la collection provenant de la rivière Richelieu et conservée au musée David-M.-Stewart. Après un passage au Centre d’interprétation du Bourg de Pabos (Pabos Mills), la récipiendaire du Prix des Dix 2019 commence une longue et fructueuse relation avec le sous-sol montréalais en menant avec Pauline Desjardins une « Étude de potentiel archéologique duterritoire du Vieux-Port de Montréal [2] », puis une analyse du site Le Ber situé à l’île des Soeurs [3].

Elle est présente au Musée Pointe-à-Callière, musée d’archéologie et d’histoire de Montréal, dès sa fondation en 1993. D’abord comme réalisatrice puis chargée de projets en expositions, elle a ensuite occupé le poste de directrice des expositions de 2009 à 2013. Elle est maintenant conservatrice et archéologue en chef rattachée au développement du Musée. Chaque partie de ce musée, toujours en expansion, lui est connue. Elle s’est impliquée dans la mise en valeur du pavillon Fort de Ville-Marie et du premier égout collecteur au Canada. Puis, elle a suivi la conception et réalisation d’une exposition permanente sur la Station de pompage Youville. Elle dirige maintenant les recherches archéologiques menées sur le site du marché Sainte-Anne/Parlement, du Canada-Uni. D’ailleurs, elle assure la coordination de l’École de fouilles en partenariat avec l’Université de Montréal sur le lieu de fondation de Montréal (Fort de Ville-Marie et château de Callière).

C’est dans le cadre de ses activités au musée qu’elle a mené plusieurs projets liés à des expositions novatrices et des publications d’importance. Pensons à 1701 – La Grande Paix de Montréal (2001) ; France Nouvelle-France (2004) ; Iroquoiens du Saint-Laurent, peuple du maïs (2006) : Premières Nations, collections royales de France (2007), en plus de piloter plusieurs projets internationaux impliquant les cultures africaine, bulgare, juive, gauloise et japonaise.

En plus de ce travail considérable, Louise Pothier remplit des mandats au Centre  d’interprétation du patrimoine sorelois, au Musée de l’Amérique française, à la chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours, au Centre d’interprétation des Paléoindiens à La Martre en Gaspésie et au Musée des Soeurs Grises de Montréal. Ce rayonnement fait état de sa capacité de s’impliquer dans des dossiers complémentaires à ceux qu’elle dirige à Pointe-à-Callière et qui enrichissent le patrimoine culturel québécois. Louise Pothier n’est pas avare de son expertise et de ses conseils et en plus d’occuper des tâches d’enseignement, elle a été membre des conseils d’administration de l’Association des archéologues du Québec et de l’Institut d’histoire de  l’Amérique française et membre du comité scientifique de l’Institut du patrimoine de Montréal.

Elle est cofondatrice et fut directrice (1992-1996) de la revue québécoise d’archéologie Mémoires Vives, auteure de livres et d’articles en patrimoine. Elle a signé plusieurs articles dans des revues spécialisées et de vulgarisation dont, entre autres, Recherches amérindiennes,  Capaux-Diamants et Continuité. Enfin, mais la liste n’est pas exhaustive, elle est directrice du  projet Archéolab.québec, dont l’objectif est de créer une collection archéologique de référence  au Québec accessible sur internet. Elle est également directrice de la collection « Archéologie du Québec », produite par Pointe-à-Callière en partenariat avec le ministère de la Culture et des Communications, collection qui paraît aux Éditions de l’Homme.

Il faut entendre Louise Pothier évoquer l’un des sujets qui la passionne pour comprendre que son énergie est communicative et qu’elle réussit à convaincre et à impliquer les partenaires  dans la mise sur pied de ses projets de recherche pertinents et novateurs afin d’« imaginer  l’extraordinaire potentiel que recèlent encore tous ces objets de civilisation [4] ». C’est en reconnaissance de ce travail exceptionnel mené sur plusieurs fronts et différentes périodes historiques qui enrichissent non seulement l’histoire de Montréal, mais du Québec, que la Société des Dix accorde son Prix 2019 à cette chercheure et communicatrice de haut calibre.

Toutes nos félicitations !

[1] Louise Pothier, « Le fort de Ville-Marie point de rencontre entre Amérindiens et
Français », Cap-aux-Diamants, n° 130, été 2017, p. 27.

[2] « Étude de potentiel archéologique du territoire du Vieux-Port de Montréal », 5 cahiers, Montréal, Société du Vieux-Port de Montréal, 1989.

[3] Louise Pothier et Françoise Duguay, « Le domaine agricole d’un marchand aux 17e et 18e
siècles. Le site LeBer à l’île des Soeurs : archéologie et histoire », Collection Patrimoines,
série Dossiers n° 85, Québec, ministère de la Culture, 1993.

[4] Louise Pothier [dir.], Fragments d’humanité. Archéologie du Québec. Pièces de collections,
Montréal, Pointe-à-Callière, Les Éditions de l’Homme, 2016, p. 14.

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Premier fauteuil : Simon Langlois

Simon Langlois a publié un nouvel ouvrage, Refondations nationales au Canada et au Québec aux Éditions du Septentrion en 2018. Ce livre examine les formes nouvelles prises par la nation au Canada et au Québec. Il a rédigé un chapitre pour un ouvrage collectif « Évolution de l›appui l›indépendance du Québec de 1995 à 2015 », dans Amélie Binette et Patrick Taillon [dir.], La démocratie référendaire dans les ensembles plurinationaux, Québec, Presses de l’Université Laval, 2018, p. 55-84. Il a aussi collaboré au Dictionnaire des intellectuel.les au Québec, dirigé par Michel Lacroix, Yvan Lamonde, Marie-Andrée Bergeron et Jonathan Livernois [2017], en publiant un article sur Jacques Beauchemin et un autre sur Jean-Charles Falardeau. Il a fait  paraître un article d’opinion dans Le Devoir : « Le cinquième pouvoir et la liberté des créateurs », Le Devoir, 20 août 2018, p. A-7.

Simon Langlois poursuit ses recherches sur la stratification sociale. Un article sur les représentations sociales de la pauvreté et de l’exclusion (en collaboration avec David Gaudreault) a été accepté pour publication en 2019 dans la revue Recherches sociographiques. Il a aussi préparé un article sur le multiculturalisme canadien examiné à la lumière de la sociologie de Raymond Boudon (1934-2013), l’un des plus importants sociologues français. Cet article paraîtra en 2019 dans un numéro spécial de la Revue européenne des sciences sociales (Droz, Genève), consacré à l’oeuvre de Raymond Boudon. Rappelons que ce dernier a été le directeur de la thèse de doctorat de Simon Langlois soutenue à la Sorbonne. De plus, Simon Langlois publie un blogue sur le site de la revue Contact de l’Université Laval intitulé Regards sur la société. Il traite de différents enjeux auxquels est confrontée la société québécoise, à la
lumière de recherches sociologiques susceptibles de les éclairer, que l’on trouvera à l’adresse suivante : www.contact.ulaval.ca/blogues/.

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Deuxième fauteuil : Andrée Fortin

Andrée Fortin travaille actuellement sur la construction de la mémoire collective dans le cinéma québécois et sur l’invention de la tradition au Québec. Elle a publié récemment, en 2017, « La banlieue comme chantier littéraire », dans Recherches sociographiques, vol. LVIII, no 3, p. 679-687 ; « Non lieu ? Contours de la ‘‘petite’’ ville dans le cinéma québécois », Nouvelles vues, no 18.  « Conclusion. L’ensemble de l’oeuvre », dans Ève Lamoureux et Magali Uhl [dirs], Le vivre-ensemble à l’épreuve des pratiques culturelles et artistiques contemporaines, Québec,
Presses de l’Université Laval, p. 249-259 .

Elle a aussi publié plusieurs comptes rendus : « Compte rendu de Bienvenue au pays de la vie ordinaire de Mathieu Bélisle », Recherches sociographiques, vol. LIX, nos 1-2, p. 281-283 ; « Compte rendu de La communauté indomptable d’André Forcier de Marie-Claude Loiselle »,
Recherches sociographiques, vol. LV111, no 3, p. 717-718 ; « Compte rendu de De l’Expo 67 à Céline Dion. Essai sur la performance nationale de Erin Hurley. », Recherches sociographiques, vol. LV111, no 3, p. 724-726 ; « Compte rendu de À la rencontre des régionalismes artistiques et littéraires d’Aurélien Boivin et de David Karel », Revue d’histoire de l’Amérique française, vol. 70, no 3, p. 86-88.

Andrée Fortin a participé à une Journée d’échanges scientifiques intitulée « Vue d’ensemble »,  La vie littéraire au Québec, t. VII (1934-1947)., UQAM, Montréal, 18 mai 2018 ; à une Journée  d’études du Célat, UQAM, Montréal, 16 mai 2018, « L’analyse sociologique de corpus  photographiques. L’exemple de la collection Aux limites de la mémoire », Usages de la photographie en sociologie. Avec Jean-Philippe Warren, elle a présenté « Engagement social et  engagement scientifique dans une ère de changement institutionnel », Journée de réflexion sur la recherche. Activité préparatoire aux États généraux sur l’enseignement supérieur, UQAM,  Montréal, 3 mai 2018. Le 15 février 2018, elle a présenté : « Montréal, capitale hippie. Réseaux et représentations de la contreculture québécoise », Expositions, festivals, réseaux, distinctions. Le rayonnement international de la culture québécoise dans les années 1960, Musée de la  Civilisation, Québec, 27 octobre 2017. Enfin, elle a présenté au CRAD de l’Université Laval, « Nostalgie et fierté. Construction mémorielle dans la collection Aux limites de la mémoire ».

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Troisième fauteuil : Gilles Gallichan

Au cours de l’année, Gilles Gallichan a poursuivi ses collaborations auprès de la Société historique de Limoilou et du Comité pour la mise en valeur du patrimoine religieux de l’île d’Orléans (Coprio).

Le 19 janvier 2018, il a participé au colloque organisé à l’Assemblée nationale à l’occasion des 225 ans du parlementarisme québécois, sous le patronage du lieutenant-gouverneur du Québec, M. J.-Michel Doyon et du président de l’Assemblée nationale, M. Jacques Chagnon. La communication à ce colloque a été publiée sous le titre « Députés et magistrats au Bas-Canada 1792-1867 » dans : J.-Michel Doyon [dir.], Avocats, société et politique au Québec 1763-1867, Montréal, Barreau du Québec et Éditions Yvon Blais, 2018, p. 115-145.

Le 4 avril 2018 a eu lieu à Québec le lancement du livre L’église Saint-Charles de Limoilou, témoin d’histoire et chantier d’avenir, Éditions du Septentrion, 239 p. Le 29 juin, sur le sujet de ce livre, il a donné à Limoilou une présentation dans la formule Pecha Kucha (présentation rapide, en quelques minutes, d’un sujet donné). Le thème de la soirée était la transmission du patrimoine. Le 28 juillet, il a animé une visite de groupe extérieure de l’église Saint-Charles.

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Quatrième fauteuil : Denys Delâge

Avec Jean-Philippe Warren, Denys Delâge a publié Le piège de la liberté, Les peuples autochtones dans l’engrenage des régimes coloniaux, Montréal, Les Éditions du Boréal, 2017. Avec Claude Hubert, « Disparition de nations amérindiennes dans les registres de baptêmes, mariages et sépultures: quelle validité? Dans : Les Cahiers des Dix, no 71, 2017, p. 1-33. Avec Frédéric Laugrand, « Introduction : Les petites bêtes dans l’histoire et les cosmologies amérindiennes », Codirection du numéro de Recherches amérindiennes au Québec, vol. XLVII, nos 2-3, 2017, 208 p.

Il a rédigé la préface de l’ouvrage de Helga Elisabeth Bories-Sawala / Thibault Martin (†), EUX et NOUS. La place des Autochtones dans l’enseignement de l’histoire nationale du Québec. Volume 1. Il a aussi fait le compte rendu de l’ouvrage de Marie-Paule Robitaille, Voyage au coeur des collections des Premiers Peuples, Québec, Septentrion et Musée de la Civilisation, 2014, 275 p., dans Recherches sociographiques, vol. LVIII, no 4, 2017, p. 524-525.

Dans La Presse + du 27 septembre 2017, Section « Débats – Écran », (à propos de la « maxime » : Montréal territoire mohawk non cédé) Denys Delâge a écrit : « Droits ancestraux et issus de  traités à Montréal »; de même, avec Jean-Philippe Warren, dans La Presse + du 28 décembre
2017, Section « Débats – Écran » Écran 7.

Avec Sophie Imbeault, Éric Bédard, Jean-Philippe Warren, il a prononcé la communication intitulée : « Découvrir l’Autre pour se découvrir : temps forts d’une identité amérindienne et québécoise en construction, XIXe-XXe siècles », à la Bibliothèque Abbé-Grégoire, espace Adulte, 20e Rendez-vous de l’histoire Eurêka, inventer, découvrir, innover, Blois, 4 au 8 octobre 2017. Il a aussi présenté : « Chamanes, prêtres ou pasteurs ; catholiques et protestants au contact des Amérindiens », au Colloque « Luther notre contemporain – 500 ans de réformes protestantes, pluralisme culturel et laïcité », tenu du 30 octobre au 3 novembre 2017 au Cegep François-Xavier-Garneau. Au Salon du livre de Rimouski, le 4 novembre 2017, il a prononcé la conférence « Les peuples autochtones dans l’engrenage des régimes coloniaux ». Le 15 mars 2018, il a aussi parlé aux étudiants-e-s de 1e et 2e année du cours DID 1010 : « Comment enseigner  l’enseignement de l’histoire des Premières Nations à l’école primaire » de Faculté d’Éducation,
enseignement au primaire, département de la didactique de l’Université Laval. « Les traités des Sept-Feux de la Conquête et leur signification contemporaine » a été le sujet d’une entrevue  accordée à Céline Lebel, Radio internet, radioinfocite.com le 3 juin 2018.

Denys Delâge est consultant et membre du comité expert de l’exposition, Innovations autochtones / Indigenous Innovations, qui ouvrira ses portes à l’automne 2017. Portrait positif et inusité des cultures autochtones : leur apport au savoir et à l’innovation scientifique et technologique. Il est aussi membre de la Commission de toponymie.

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Cinquième fauteuil : Laurier Lacroix

Au printemps 2018, Laurier Lacroix a reçu une subvention du Conseil de recherche des sciences humaines du Canada afin de préparer une histoire des Ateliers d’artistes au Québec de l800 à 1980. Au cours des trois prochaines années, il étudiera différents aspects du développement des ateliers : leur typologie, les diverses fonctions qu’ils remplissent et les représentations qu’ils ont connu que ce soit en littérature ou en art.

Il a publié la traduction anglaise de son article sur Albéric Bourgeois : « Albéric Bourgeois …  a.k.a. Baptiste Ladébauche », Sketches from an Unquiet Country : Canadian Graphic Satire,  1840-1940, D. Hardy, A. Gérin, L. S. Carney [dirs], Montréal/Kingston, McGill/Queen’s University
Press, 2018, p. 257-284.

Il a également fait paraître un court texte sur une sculpture de Michel Goulet : « S’asseoir plein les sens », Les Confidents, Les chaises-poèmes du jardin du Palais-Royal, Michel Goulet, François Massut [dir.], Dijon, Les Presses du réel, 2018, p. 24 ; « Entre matérialité et artialité, l’oeuvre comme source », Le Carnet de l’ÉRHAQ, no 1, automne 2017, Gilles Lapointe [dir.], publication en ligne, p. 25-31.

Autres publications et entrevues :

  • « Cozic : unique, pratique, éthique et esthétique », Cozic, Montréal, les Éditions du passage, Longueuil, Plein sud édition, 2017, p. 6-15, traduction anglaise, p. 16-23. The Good Lands, Canada through the Eyes of Artists, en collaboration avec Laura Brandon, Victoria Dickenson, Patricia Grattan, Gerald McMaster, Vancouver, Figure 1, 2017, 274 p. (également paru en français sous le titre Un territoire à partager. L’art du paysage au Canada).
  • « La Bibliothèque des  arts de l’Université du Québec à Montréal », Bibliothèques québécoises remarquables, Claude Corbo [dir.], Montréal, Del Busso, 2017, p. 207-217.
  • Alessandra Mariani qui l’a interviewé sur le déroulement de sa carrière en muséologie a fait paraître : « Entrevue par Alessandra Mariani », parue dans la revue Muséologies, vol. 8, no 2, 2017 (2018), p. 193-211.
  • Le 7 avril 2018, il a prononcé avec Micheline Cambron une conférence à la Société historique de Montréal intitulée, « La vie culturelle à Montréal vers 1900 ».

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Sixième fauteuil : Lucie Robert

Lucie Robert est toujours active dans les domaines de l’enseignement et de la recherche. Elle est membre du Centre de recherche interuniversitaire sur la littérature et la culture  québécoises (CRILCQ) et elle codirige avec Denis Saint-Jacques le collectif de rédaction sur La vie littéraire au Québec, dont le septième volume, couvrant les années 1934 à 1947, est en voie d’achèvement, et dont le huitième volume, qui couvrira les années 1948 à 1962, est en voie d’élaboration. Elle poursuit la rédaction de sa chronique « Dramaturgie » dans la revue Voix et images. En janvier 2018, elle a été invitée à rencontrer les étudiantes et les étudiants du cours intitulé Femmes et théâtre au Québec, donné à l’Université Concordia par Sylvain Lavoie, où elle a proposé des « Perspectives historiques ». Au cours de l’année, elle a mis la dernière main à une série d’articles portant sur le théâtre et sur le XIXe siècle préparés pour l’Atlas de la  littérature québécoise (à paraître chez Fides), sous la direction de Bernard Andrès, Pierre   Hébert et Alex Gagnon.

Elle a également publié :

  • « De clairière en clairière. La modernité au Québec d’Yvan Lamonde.
    Note de recherche », Mens. Revue d’histoire intellectuelle et culturelle, vol.
    XVII, nº 1-2 (automne 2016-printemps 2017), p. 135-147.
  • « Raconter pour ne pas vieillir. La peau d’Élisa de Carole Fréchette »,
    Voix et images, vol. XLIII, nº 1, #127 (automne 2017), p. 69-78.
  • « Un sujet à construire. Le passeur de récit (Prise 2) », dans Carole
    Fréchette. Un théâtre sur le qui-vive, G. David [dir.], coll. « Études
    culturelles », Montréal, Nota Bene, 2017, p. 243-261.
  • « Jouer le théâtre de Paul Claudel », dans Une culture de transition.
    La recherche de codes de substitution au Québec (1934-1965), Y. Lamonde
    et J. Livernois [dir.], coll. « Prégnances », Québec, Codicille éditeur, 2018,
    p. 125-138.
  • « Poétique(s) du théâtre », dans Le Centenaire d’Anne Hébert.
    Approches critiques, Nathalie Watteyne [dir.], Montréal, Presses de
    l’Université de Montréal, 2018, p. 69-80.

Elle a présenté une communication dans les colloques suivants :

  • « La scène québécoise s’exporte-t-elle ? ». Colloque Expositions, festivals, réseaux, distinctions. Le rayonnement international de la culture québécoise dans les années 1960, Québec, Musée de la civilisation, 27 octobre 2017.
  • « Deux femmes chez les sociologues », Journée d’études Jeanne Lapointe, Québec, Université Laval, 1er décembre 2017.

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Septième fauteuil : Jocelyne Mathieu

En plus de poursuivre son enseignement universitaire, Jocelyne Mathieu mène des recherches particulièrement dans les domaines du costume, des textiles et de la vie quotidienne. Elle contribue notamment au projet du Groupe GIS ACORSO sur Mode et apparence en  collaboration avec l’Université de Rennes en France. Dans un autre volet de ses activités, elle poursuit sa recension de journaux personnels et d’expressions de la littérature personnelle dans la francophonie nord-américaine.

À la demande du ministère de la Culture et des Communication du Québec, elle prépare une synthèse historique et ethnologique sur le fléché traditionnel et le fléché d’art pour le projet lancé par Madame Yvette Michelin et dans le contexte de reconnaissance gouvernemental
du patrimoine immatériel.

Elle a répondu à une demande du Musée de la civilisation à Québec pour la réalisation d’une capsule sur les catalogues commerciaux et la collection exceptionnelle de Ronald Chabot laquelle a été acquise par ce Musée. On peut visionner ici la capsule vidéo.


Huitième fauteuil : Fernand Harvey

Fernand Harvey a présenté un exposé sur la valeur patrimoniale et mémorielle des Grands domaines de Sillery dans le cadre d’une table ronde organisée par l’historienne Nicole Poussart concernant son projet patrimonial de Parc nourricier sur les terrains des Grands domaines de Sillery. Cette activité a été présentée au Centre Brulard dans le cadre des activités du Conseil de quartier Sillery, le 10 avril 2018.

Par ailleurs, il a publié un texte intitulé « La recherche culturelle en héritage » où il rappelle la contribution majeure de l’Institut québécois de recherche sur la culture (1980-1993) et du Centre Urbanisation Culture Société de l’Institut national de la recherche scientifique (depuis 1993) dans le champ de la recherche culturelle au Québec. Ce texte a été publié dans un ouvrage collectif sous la direction de Pierre Doray et al. : L’Université du Québec, 1968-2018 : 50 ans de contributions éducatives et scientifiques au développement du Québec, Québec, Presses de l’Université du Québec, 2018.

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Neuvième fauteuil : Louis-Georges Harvey

Louis-Georges Harvey a pris sa retraite comme professeur à l’Université Bishop’s le 30 juin 2018. Il travaille sur une étude du discours politique des communautés anglophones du Bas-Canada entre 1820 et 1840 et a complété un article sur les réactions américaines aux Rébellions
de 1837-1838 qui sera publié dans un recueil de textes à paraître aux Presses universitaires McGill-Queens en 2019. Sa capsule sur « l5 novembre 1873 – Le scandale du Pacifique fait tomber Macdonald» (avec Stéphane Kelly) réalisée dans le cadre de la série « L’autre 150e » a été publiée sur le site web du projet et demeure disponible sur Facebook.

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Dixième fauteuil : Dominique Deslandres

Chercheure principale du projet CRSH, Genre et procédures d’appel au tribunal du roi, 1608-1765, Dominique Deslandres travaille toujours à son ouvrage en trois volumes sur l’histoire de Montréal vue et faite par les femmes (et leurs hommes), qui sera publié chez Fides et qui s’intitule provisoirement Les gens de Montréal, -10 000AA-1763. Cette recherche s’inscrit dans le cadre plus large de ses travaux sur la religion, le genre et l’impérialisme français dont sont issus en 2017-2018, à côté de son premier article paru dans Les Cahiers des Dix, « Femmes devant le tribunal du roi : la culture judiciaire des appelantes dans les archives
de la juridiction royale de Montréal (1693-1760) (No 71, 2017, p.35-61),
les chapitres d’ouvrages collectifs suivant :

  • « Montréal au temps des filles du Roy », dans Société d’histoire
    des Filles du Roy, Filles du Roy pionnières de Montréal, Québec, Septentrion,
    2017, p. 28-59 ;
  • « Inspiration, fondation, relais : Le rôle du laïcat féminin dans les
    missions françaises au XVIIe siècle » dans Les laïcs dans la mission. Europe
    et aux Amériques, XVIe-XVIIIe siècles, Aliocha Maldavsky [dir.]. Tours,
    Presses universitaires François Rabelais, 2017 p. 69-93 ;
  • « Mysticisme, théo-didactisme et genre au XVIIe siècle. L’exemple
    de Marie Guyart de l’Incarnation » Mélanges en l’honneur de Bernard
    Dompnier, Odon Hurel [dir.], Turnhout, Brepols, 2018, p.111-120 ;
  • « New France », dans Christopher M. Bellitto, [dirs.], Brill’s
    Companions to the Christian Tradition, vol. 80 : Ronnie Po-Chia-Hsia [dir.]
    A Companion on Catholic Missions in the Early Modern World, Boston,
    Brill, 2018, p. 124-147 ;
  • « Le métissage: stratégie impériale française aux XVI-XVIIe siècles »
    dans Serge Gruzinski, le passeur persévérant, Carmen Bernand, Eduardo
    França Paiva et Carmen Salazar-Soler [dirs], Paris, Éditions du CNRS,
    2017, p.229-237.

Dans le même cadre de recherche, elle a prononcé plusieurs conférences :

  • le 15 juin 2017, à Saguenay (Chicoutimi), Qc : « Quand Hochelaga
    rencontre la France : paroles et agentivités amérindiennes retrouvées
    au XVIe siècle », au colloque Paroles retrouvées – Paroles exhumées. Voix
    autochtones dans les écrits de la Nouvelle France de la Chaire de recherche
    sur la parole autochtone dirigée par Luc Vaillancourt ;
  • le 14 novembre 2017, au Palais des congrès de Montréal : « De la
    fondation de Montréal à nos jours : l’apport de la culture philanthropique »,
    au Sommet 2017 sur la culture philanthropique organisé, les 14 et 15
    novembre 2017, par l’Institut Mallet ;
  • le 24 novembre 2017, à Montréal : « Les pionnières de Montréal »,
    au Centre culturel chrétien de Montréal ;
  • le 1er mars 2018, à St-Louis, Missouri : “And Far From France,
    you Have Renamed the Fleur de Lys: Some Hypothesis About Religion,
    Sovereignty and Gender in French America, 16th-18th centuries” Religion
    and Politics in Early America: Washington University in St. Louis Missouri ;
  • le 29 mai 2018 à North Hatley, Qc: « Eléments d’une recherche
    sur la culture judiciaire des appelantes dans les archives de la juridiction
    royale de Montréal (1693-1760) », conférence internationale Voices from
    the Legal Archives conference, Manoir Hovey, North Hatley, Québec.
  • * le 3 octobre 2018 à la Grande Bibliothèque à Montréal, Figure
    marquante de notre histoire Marie Guyart de l’Incarnation dans le cadre de
    la série Grandes Conférences sur la Nouvelle France, de la Fondation Lionel
    Groulx. L’enregistrement sera disponible sur MA-TV ;
  • le 5 octobre 2018 à Loretteville, Qc « De Marie Guyart de
    l’Incarnation aux femmes ordinaires du XVIIe siècle » dans colloque
    international Marie Guyart (Tours, 1599-Québec, 1672). Singularité et
    universalité d’une femme de coeur et de raison, 25e anniversaire du CEMI
    (Loretteville, Québec, 4-6 octobre 2018) ;
  • le 19 octobre 2018 à Midland, Ontario: « To the bone: Emotions,
    missions and holy relics at the foundation of the French Empire in
    North America in the 17th and 18th century », Midland Conference: Life
    & Death in the Missions of East Asia & New France: Narratives of Faith &
    Martyrdom Sainte-Marie among the Hurons/Martyrs’ Shrine, Midland,
    ON. October 18-21, 2018.

À côté de son enseignement, de sa direction de quatre thèses de doctorat et neuf mémoires de maitrise, et de l’organisation de deux retraites de fin de semaine pour les étudiant-e-s d’histoire à l’hiver et à l’automne 2018, Dominique Deslandres a aussi lu en avril 2018, son billet « Était-ce mieux avant ? », lors de l’émission radiophonique C’est toujours la même histoire, animée par Joël Le Bigot, à Radio-Canada.

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Nos membres émérites

Bernard Andrès a publié deux notices : « Du Calvet, Pierre (1735-1786) » et « Mesplet, Fleury  (1734-1794) », dans le Dictionnaire des intellectuel.les au Québec dirigé par Michel Lacroix, Yvan Lamonde, Marie-Andrée Bergeron et Jonathan Livernois, Montréal, Les Presses de l’Université de Montréal, 2017.

Il poursuit aussi la préparation de l’Atlas littéraire du Québec avec Pierre Hébert et Alex Gagnon (à paraître chez Fides) : participent à ce collectif Fernand Harvey, Laurier Lacroix et Yvan Lamonde, sociétaires des Dix, ainsi que de nombreux et nombreuses canadianistes du Québec,
du Canada et de l’étranger.

Bernard Andrès a aussi donné les conférences suivantes :

  • « Voyages, costumes et coutumes de Jacques Grasset de St-Sauveur
    (1757-1810) », 1er Colloque international de l’Association Tunisienne
    des Études sur les Lumières ;
  • « Voyages et voyageurs aux temps des Lumières », Djerba, Tunisie,
    11 septembre 2017; « L’humour des Innus à l’époque des Jésuites », 8e
    colloque des Jeunes chercheurs européens en études québécoises,
    Montpellier, Université Paul-Valéry, 6 octobre 2017 ;
  • « Archives et littérature », conférence à l’Université Paris-8,
    Département de littérature française, dans le séminaire d’Isabelle
    Tournier, 27 mars 2018 ;
  • « Humour et subversion : l’image railleuse ou rageuse de
    l’Amérindien », conférence à l’Université Paris-3 (Centre d’Études
    québécoises), dans le cours de Myriam Suchet, professeure à Paris-3 et
    directrice du CEQ, 29 mars 2018.

Yvan Lamonde vient de publier aux Presses de l’Université Laval Emerson, Thoreau et Brownson au Québec. Éléments pour une comparaison des milieux intellectuels en Nouvelle-Angleterre et au Bas-Canada (1830-1860). L’ouvrage s’ouvre sur une dédicace-hommage aux travaux pionniers de Philippe Sylvain, ex-membre des Dix (Fauteuil no 1).

Claude Couture, Srilata Ravi et François Pageau ont publié aux Presses de l’Université Laval les actes d’un colloque tenu à l’Université d’Edmonton (Alberta), Autour de l’oeuvre d’Yvan Lamonde. Colonialisme et modernité au Canada depuis 1867.

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La Société Charlevoix
Par Jean-Pierre Pichette, rédacteur des Cahiers Charlevoix

Fondée à Sudbury en 1992, la Société Charlevoix est un regroupement d’universitaires qui se consacrent à des travaux savants sur l’Ontario français. Par son nom, la Société honore la mémoire du jésuite Pierre-François-Xavier de Charlevoix (1682-1761), qui a laissé des  observations remarquables sur le territoire ontarien. Limités en tout temps à dix en nombre, ses membres – élus par cooptation à l’unanimité des voix – examinent les réalités franco-ontariennes selon les perspectives variées qu’apportent leurs disciplines ; leurs travaux, soumis au crible de discussions cordiales, paraissent depuis 1995 dans les Cahiers Charlevoix – Études franco-ontariennes, le collectif qu’ils se sont donné. La Société Charlevoix reconnaît sa dette envers la Société des Dix, qui a inspiré sa création et lui a servi de modèle, et la considère comme une société sœur.

Comme toute association librement constituée, la Société Charlevoix a évolué au fil des ans sans jamais dévier de son dessein premier. Jusqu’à présent, elle a rassemblé des représentants des principaux centres universitaires de l’Ontario (Sudbury, Ottawa et Toronto) et opéré
quelques ajustements, plus ou moins prévisibles, au gré des circonstances.

La modulation la plus évidente touche sa composition. Bien que la Société Charlevoix n’ait pas encore atteint l’objectif visé de dix membres en exercice, tous les fauteuils ont déjà été attribués et les quinze sociétaires qui les ont occupés ont fait paraître leurs études dans leurs cahiers bisannuels. Toutefois, le décès de quatre d’entre eux (les cofondateurs Fernand Dorais et, tout récemment, Gaétan Gervais, ainsi que les confrères Roger Bernard et René Dionne) et la retraite d’un autre confrère (Fernand Ouellet), tous de la formation initiale, ont temporairement réduit nos rangs tout en menant à l’institution de l’éméritat, catégorie honorifique qui agrège aussi Michel Gaulin depuis son départ. Les six fauteuils ainsi libérés ont graduellement été comblés par de nouveaux adhérents : Yves Frenette, Simon Laflamme, Michel Bock, Marcel Bénéteau, Julie Boissonneault et Ali Reguigui, toujours en exercice, ainsi que deux membres démissionnaires, Raymond Mougeon et France Martineau. Après un quart de siècle d’existence, le bilan de ces retraits et nominations affiche néanmoins un solde positif puisque notre association compte maintenant sept membres actifs, un de plus qu’à la création, et que les démarches en cours permettent d’espérer que notre Société comprendra prochainement dix associés, le nombre originellement prévu.

Pareillement, le cycle des rencontres, semestriel au départ, s’est allégé avec le temps. L’éloignement des membres, les frais de déplacement et la nécessité d’harmoniser les rencontres avec des tâches universitaires de plus en plus prenantes ont fini par en annualiser la fréquence ; nonobstant, ces séances de travail fondamentales demeurent un véritable séminaire qui se déploie sur deux jours.

Après la parution de son septième cahier, la Société Charlevoix n’a pu reconduire sa collaboration avec son premier coéditeur, un imprévu qui a certes ralenti son pas. Désormais associés aux Presses de l’Université d’Ottawa, les Cahiers Charlevoix ont repris leur rythme.
De plus, grâce à une entente récente conclue avec la plateforme Érudit, nos publications sont intégralement diffusées, depuis l’automne 2017, sur la toile en mode électronique. Cette innovation, par la consultation immédiate qu’elle apporte, assure à nos études un lectorat universel que l’imprimé seul ne parvenait pas à joindre. Bien plus, cet accord promet de pérenniser la publication de nos cahiers qui, jusque-là, s’autofinançaient par la cotisation annuelle de ses sociétaires.

Le douzième volume, paru à l’automne 2018 aux Presses de l’Université d’Ottawa, regroupe les études du sociologue Simon Laflamme, de l’historien Yves Frenette, de la sociolinguiste et didacticienne Julie Boissonneault, du linguiste Ali Reguigui, des ethnologues Marcel Bénéteau et Jean-Pierre Pichette, avec la Chronique du secrétaire de la Société, l’historien Michel Bock. Pour d’autres renseignements, on consultera enfin le site societecharlevoix.ca que la Société Charlevoix entretient sur la toile.

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Rencontres des Dix

Le 12 février 2018, les Dix se sont réunis au Salon Antique du Monastère des Augustines à Québec. Après leurs échanges suivant un ordre du jour convenu, préparé par notre secrétaire dévoué Fernand Harvey, ils ont visité le Musée des Augustines accompagnés de guides enthousiastes et passionnées, soeur Nicole Perron et madame Alix Vallerand. Nous les remercions vivement ainsi que monsieur Pier-Olivier Leblanc de leur accueil chaleureux. En fin de journée, nous avons été reçus par notre éditeur Christian Laliberté et son équipe à la  librairie La Liberté pour le lancement du numéro 71 des Cahiers des Dix (2017). Nous lui adressons nos mercis les plus amicaux pour cette réception qui a fait grand plaisir aux Dix.

Le 1er juin 2018, les Dix se sont réunis au Collège Brébeuf, à Montréal. Ce fut l’occasion d’une visite de la magnifique bibliothèque de l’établissement qui renferme une partie des collections historiques de la Compagnie de Jésus au Canada.

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In Memoriam
Claude Galarneau (1925-2018)
Par Gilles Gallichan


Claude Galarneau photographié en novembre 2017. (Photo H. Galarneau)

Claude Galarneau, historien et professeur émérite de l’Université Laval, nous a quittés le 19 mars 2018 à l’âge de 93 ans. En 1978, il avait succédé à Jean-Charles Bonenfant au cinquième Fauteuil de la Société des Dix, dont il a été un temps le secrétaire et l’éditeur délégué.

Il était originaire de Donnacona (Portneuf) et il a fait partie des premières cohortes d’historiens formés à l’Université Laval grâce à l’ouverture, en 1947, de l’Institut d’histoire et de géographie de l’Université Laval. Il a poursuivi ses études en France, avec le professeur André Latreille. Sa thèse de doctorat sur La France devant l’opinion canadienne (1760-1815) qui lui a valu le prix  Maurice-Travers en 1971. Il a collaboré avec plusieurs historiens français qui ont contribué au
renouveau de l’histoire culturelle, tels Alphonse Dupront, Henri-Jean Martin, et Roger Chartier.

Claude Galarneau a été un pionnier de l’histoire des relations entre la France et le Québec après la Conquête de 1760. Il a développé à l’Université Laval un champ de recherche basé sur les échanges sociaux et culturels avec la France tout au long du XIXe siècle, en particulier l’histoire du livre, de l’imprimé et des bibliothèques. Son ouvrage sur Les collèges classiques au Canada français (1620-1970) demeure à ce jour la meilleure étude sur le sujet. Il a publié et corédigé plusieurs autres ouvrages, dont Livre et lecture au Québec 1800-1850, paru en 1988. Il a relaté son parcours professionnel sous le titre « Itinéraire d’historien », dans L’histoire de la culture et de l’imprimé. Hommages à Claude Galarneau, publié en 1996. Le Québec lui a accordé le titre de chevalier de l’ordre national en 1996.

Claude Galarneau nous laisse une oeuvre considérable. Et ses nombreux livres et articles figureront encore longtemps dans nos bibliographies et serviront de base à nos études et à nos recherches. Pour ceux qui ont eu la chance de le connaître, Claude Galarneau laissera le souvenir de l’idéal de « l’honnête homme », porteur d’une riche culture. La généreuse énergie, l’immense politesse, le respect, l’art de vivre et du savoir-vivre que Claude Galarneau a communiqués aux siens font partie de son héritage comme son oeuvre écrite. La vie lui a
réservé la sagesse et la dignité des beaux crépuscules. Il a accompli son devoir et son destin par une vie franche, riche et féconde. Ceux et celles qu’il a formés porteront à leur tour son message et sa leçon de vie.

Hommage à Claude Galarneau
(Texte paru dans Le Soleil (Québec), le 25 mars 2018)
Par Michel Lessard

Un maître d’histoire nationale flamboyant.
L’historien émérite Claude Galarneau vient de nous quitter à l’âge vénérable de 93 ans. Dès mon premier cours au Département d’Histoire de l’Université Laval en septembre 1964, le professeur m’a immédiatement séduit par des qualités bien particulières, par son érudition et par sa maîtrise du métier d’historien. L’homme m’a d’abord conquis par son élégance. Au Collège de Lévis, j’étais habitué à u corps professoral en soutane. Claude Galarneau arrivait d’un séjour d’études à Paris. Ce jour-là, il portait un complet coupé à la française d’un bleu royal flamboyant, chemise blanche et cravate harmonisée donnant dans le plus chic de la mode européenne. J’ai toujours été sensible aux gens soignés par leur apparence et mon nouveau maître que j’ai connu jusqu’à une rencontre surprise récente, a toujours été un peu une carte de mode comme on dit, une carte de mode classique.

La qualité de son élocution était en harmonie avec son image. Le maintien impeccable, le jeune magister parlait clair dans l’amphithéâtre, articulait bien et l’audition de ses parades pimentées d’éclats d’humour demeurait toujours un plaisir à suivre. Nous sommes vite devenus amis et un respect mutuel s’est installé. Au tournant du siècle, je l’ai retrouvé avec plaisir comme membre de la Société des Dix pendant quelques années.

Au milieu des années 1960, les salles de cours en histoire au Pavillon de Koninck nouvellement construit, étaient bondées surtout celles réservées aux cours de base. Nous étions en pleine Révolution tranquille et la quête d’identité était notamment nourrie par l’examen du passé.
L’histoire et le patrimoine dominaient parmi les valeurs de l’intérêt collectif. Il y avait les étudiants réguliers, mais également ceux nombreux qui venaient d’autres horizons académiques.

Claude Galarneau a toujours été fier de sa progéniture intellectuelle et il le disait à tous ceux
qui voulaient bien entendre. Dans ma cohorte, on trouvait une Louise Beaudoin future ministre, un Jean Provencher qu’on n’a pas besoin de présenter, un André Juneau lui a fini directeur du Musée des Beaux-Arts du Québec, un Michel Cauchon passé à la tête du Centre de Conservation du Québec, feu Robert Garon qui a dynamisé les Archives nationales et d’autres qui ont mené des carrières professionnelles fulgurantes dans la fonction publique ou dans l’enseignement supérieur. Tout le dynamisme de la prise de conscience d’une identité nationale dans la grande région de Québec et au Québec doit beaucoup au Département d’Histoire de
l’Université Laval de cette période animé par de grands maîtres. Quelques étudiants rayonneront dans la métropole. Claude Galarneau appartient à ces bougies d’allumage socioculturelles portant les dernières méthodes qui vont scruter scientifiquement un passé révélateur et stimulant dans notre prise de conscience nationale.

Le professeur Galarneau s’intéressait passionnément à la région de Québec comme terrain de recherche, aux grandes familles et aux institutions de la capitale, un prédécesseur des Jean-Marie Lebel et des Réjean Lemoine qui fut leur maître. Je me souviens d’un séminaire de maîtrise touchant événements et célébrités de la région où je devais documenter la grippe espagnole de 1918 dans la capitale puis, dans un autre projet de recherche, révéler un poète engagé étonnant, un certain Napoléon Legendre. Malgré une méfiance du cléricalisme, Claude
Galarneau était fort attentif à l’histoire de l’éducation portée dans les collèges classiques sans refuser la teinte ethnohistorique dans ses analyses.

En fait le professeur Galarneau assumait notamment un ou deux cours de base de première année qui concernait l’initiation à l’histoire, le rôle de l’historien dans la société et les différentes méthodes de recherche en historiographie. C’est avec lui que nous avons tous appris à marcher, que nous avons retenu l’importance de l’histoire dans la société et l’indispensable contribution des historiens dans notre collectivité pour mieux servir et éclairer nos concitoyens. Claude Galarneau m’a enseigné mon métier, il m’a révélé un coffre à outils et à quoi me destinait l’avenir.

À sa famille, à ses amis, mes plus sincères condoléances.
Que Dieu ait son âme et qu’il repose en paix, il a bien mérité.

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Décès de Susan Warder-Savard (1938-2018)


Susan Warder-Savard (Photo : Michel. Savard)

La Société des Dix veut rendre hommage à Susan Warder qui fut la conjointe de notre regretté confrère, Pierre Savard (1936-1998) (sixième Fauteuil). Depuis le décès prématuré de Pierre Savard, il y a 20 ans, Susan est demeurée une fidèle amie des Dix en participant souvent aux lancements de nos Cahiers et en demeurant en contact avec plusieurs d’entre nous. Susan est décédée à Ottawa le 22 juillet 2018. Nous offrons à ses fils Michel et François et à toute sa famille nos plus sincères condoléances.

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