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Numéro 74 (2020) | Chez l’éditeur | Commander

En 1936, Ægidius Fauteux signe la première préface des Cahiers des Dix à titre d’éditeur délégué. D’entrée de jeu, il explique la raison pour laquelle le groupe des Dix a été formé : « Resserrer davantage encore les liens d’amitié qui les unissent, goûter ensemble des joies intellectuelles qui leur ont été de tout temps communes et, surtout, s’entraider mutuellement dans leurs travaux, voilà tout l’objet que ses membres se sont proposé. » Il ajoute que la plus entière liberté a été laissée à chaque sociétaire de choisir lui-même le sujet traité dans la revue, de sorte que « cette diversité même donnera à notre publication un attrait particulier ».

Dans les numéros qui paraissent ensuite, Fauteux produit parfois un résumé des textes publiés ; d’autres fois, il relate plutôt quelques faits saillants, comme la création de la médaille des Dix en 1939. Mgr Olivier Maurault, également membre fondateur de la Société des Dix, prend le relais de Fauteux, décédé en fonction en 1941. Le nouvel éditeur délégué signe la préface des Cahiers de 1941 à 1964, pour un total de 24 numéros consécutifs. À l’exemple de son prédécesseur, il emploie cet espace pour présenter le sommaire de la plus récente édition. Bien que les articles des Dix soient toujours aussi diversifiés, Maurault fait l’exercice de les regrouper selon certaines thématiques larges et englobantes. Le temps qui passe lui permet par ailleurs de souligner les 10e, 20e et 25e anniversaires de la Société. Ponctuellement, il est amené à faire la présentation des nouveaux sociétaires. Cela lui permet de constater que la convivialité, à l’origine même de la Société des Dix, est une formule vivifiée par les membres de la nouvelle génération. La force de cette cohésion réside, selon lui, dans une volonté toujours réitérée de partager « la culture dans la joie ».

La rédaction de la préface est ensuite confiée à Louis-Philippe Audet (1965 et 1966), Gérard Malchelosse (1967), Raymond Douville (1968), Jean-Charles Bonenfant (1969), Philippe Sylvain (1970, 1974, 1983 et 1994), « Les Dix » (1973, 1975 et 1979), André Vachon (1971, 1972, 1976, 1989, 1990 et 1991), Claude Galarneau (1992-1993 et 1994) et Jean Simard (1995, 1997 et 1999)[1]. Chacun est à même de présenter les nouvelles têtes pensantes invitées à joindre l’équipe des Dix et, au fil des numéros, de souligner encore la variété de leurs travaux.

Fernand Harvey hérite ensuite de l’écriture de la « présentation » des Cahiers. De 2000 à 2019, il parvient toujours à tresser finement des liens de convergence qui, malgré la diversité des sujets traités, unissent les sociétaires dans leur champ de compétence distinctif. Étant de ceux qui ont mené la revue à franchir le cap de son 75e anniversaire et à titre de secrétaire « de cette petite académie » durant deux décennies, il est devenu un pilier de la Société des Dix au même titre que l’a été Maurault. Sa générosité et sa riche expérience de chercheur ont servi d’exemples afin de conserver intacte, dans un XXIe siècle en marche, la tradition de cohésion et d’érudition voulue par les fondateurs. Les Dix tiennent à le remercier sincèrement pour l’intendance qu’il a assurée avec dévotion, diligence et cordialité. Il est désormais membre émérite et ses lumières permettent encore de perpétuer les bonnes pratiques qu’il a su développer pour mieux faire rayonner les Cahiers et la Société elle-même.

Au moment de prendre la relève afin de rédiger la présentation des Cahiers, je pourrais puiser et user des mêmes épithètes employées dans les préfaces des anciens numéros pour qualifier cette 74e édition : « abondantes matières », « grand nombre de sujets », « beaucoup de variété », « lecture variée et instructive », « vaste éventail de sujets », « caractère pluridisciplinaire des articles », etc. Comme de juste, parce que l’interdisciplinarité est la force vive de la Société des Dix, la somme de nos travaux se caractérisera toujours par sa diversité. Car l’histoire, la sociologie, la littérature, l’ethnologie, l’archéologie et l’art en Amérique française sont, depuis la Nouvelle-France jusqu’à nos jours, des sources intarissables d’inspiration, de questionnements et d’hypothèses.

Même la pandémie de la covid-19 n’est pas parvenue à empêcher la parution des Cahiers cette année. La Société des Dix, fondée en 1935 dans les tourments de la grande crise économique, a su contourner les écueils causés par la crise sanitaire qui secoue le Québec depuis le 13 mars 2020. Par exemple, la fermeture des centres d’archives et des bibliothèques a retardé, pendant une longue période, la consultation de certaines sources. De plus, le Grand Confinement et la distanciation sociale ont forcé les sociétaires à tenir leurs réunions de manière virtuelle.

Autant d’obstacles qui n’ont cependant nullement ébranlé l’esprit de corps qui anime les Dix, ni l’indéfectible appui des Éditions La Liberté à qui nous témoignons notre profonde reconnaissance. C’est pourquoi nous sommes particulièrement fiers d’offrir ce numéro à la grande curiosité de nos lectrices et lecteurs.

Christian Blais
Cosecrétaire de la Société des Dix


[1] Aucune introduction ne coiffe le numéro de l’année 1973 et Les Cahiers des Dix ne sont pas publiés de 1977 à 1978, de 1980 à 1982, de 1984 à 1988 et non plus en 1998.