Dernier numéro

Numéro 75 (2021)
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Voici le 75e numéro des Cahiers des Dix. Depuis la première édition en 1936, chaque grand anniversaire de publication a été souligné. À la parution du cinquième Cahier, en 1940, les Dix étaient fiers d’achever « leur premier lustre. » Ægidius Fauteux rappelle alors aux lecteurs que les membres de cette petite académie « ne sont autre chose qu’un groupe d’amis qui, liés ensemble par un commun amour de l’histoire, ont imaginé de donner comme expression à ce culte fervent un volume annuel uniquement consacré à la glorification de notre passé. »

En 1945, les Dix ne pouvaient pas passer sous silence leur dixième anniversaire. En cette année jubilaire, les membres fondateurs expriment cependant quelques sentiments nostalgiques. Ils tiennent à saluer affectueusement trois de leurs premiers confrères disparus : Ægidius Fauteux, Montarville de la Bruère et Francis-J. Audet.

« Voici notre vingt-cinquième Cahier », écrit Olivier Maurault en 1960. À l’occasion de ce jubilé d’argent, il réaffirme que la Société des Dix demeure une « association de camarades ». Tous sont encore liés par une solide amitié. Leur entraide a pour unique but, d’une publication tion à l’autre, que de partager leur passion commune : l’histoire nationale.

C’est ensuite le 60e anniversaire des Cahiers des Dix qui est célébré en 1996. Pour marquer l’événement, les sociétaires consacrent l’entièreté de cette livraison à la biographie de ceux qui ont occupé un fauteuil au sein de la Société depuis sa création. Ceux ! Car il n’y avait que des hommes avant que Mireille Barrière devienne membre de la Société en 1998.

La Société des Dix a un tout autre visage en cette année 2021. Cinq femmes et cinq hommes font actuellement partie de cette heureuse association. Dans ce 75e numéro, ces sociétaires abordent une variété de sujets. Soulignons quand même trois articles qui traitent de nos origines ainsi que de l’évolution de nos pratiques, car, depuis la fin des années 1950, notre Société est bien plus qu’un groupe d’érudits. Alors que les fondateurs étaient des autodidactes vivant à une époque où la professionnalisation de l’histoire n’était pas encore sanctionnée par des départements universitaires, nous sommes détenteurs et détentrices de diplômes universitaires et déployons notre activité dans l’enseignement, la recherche et la pratique. La majorité d’entre nous exerce ou a
exercé sa profession dans les universités québécoises, tandis que d’autres travaillent dans des institutions mettant en valeur notre histoire, tels le Musée Pointe-à-Callière et la Bibliothèque de l’Assemblée nationale du Québec.

Après 75 numéros, les Cahiers des Dix demeurent une publication résolument contemporaine. L’ethnologie, la littérature, l’histoire de l’art, l’archéologie et la sociologie comptent parmi les perspectives d’études adoptées par les membres actuels. En plus d’être interdisciplinaires, nos articles couvrent une large période chronologique, depuis l’arrivée des Autochtones en Amérique jusqu’à l’histoire d’aujourd’hui. Ajoutons que la Société des Dix est au diapason de son époque. Notre site Internet, nos capsules vidéos résumant les sujets de nos recherches, nos publications sur Facebook, la création d’un blogue et, enfin, la numérisation des anciens numéros témoignent de notre volonté de rejoindre un public à l’affut des technologies numériques.

Par ailleurs, à l’occasion du lancement de ce numéro particulier, les membres de la Société des Dix souhaitent rendre hommage aux familles Laliberté et Malchelosse. En effet, une solide relation de confiance s’est tissée entre les Dix et les Éditions La Liberté. Son président fondateur, monsieur Lucius Laliberté, et son fils, monsieur Christian Laliberté, ont soutenu, l’un après l’autre, la publication de nos Cahiers depuis plus de 40 ans. Nous tenons également à remercier, du fond du coeur, les descendantes et les descendants de Gérard Malchelosse, fondateur de notre Société. Nous savons qu’un amour profond à l’égard de la Société des Dix s’est transmis de génération en génération dans cette belle et grande famille. Chères familles Laliberté et Malchelosse, recevez donc les remerciements les plus sincères de nos membres réguliers et émérites.

Nous voici maintenant animés par le désir de mener la Société des Dix vers son centenaire. Pour cela, il semble qu’il nous faille seulement suivre le mot d’ordre qui a guidé nos prédécesseurs. Celui de continuer à nous réunir dans la collégialité et la bonne humeur, d’entretenir nos liens d’amitié et de confiance et de poursuivre nos travaux dans un esprit de collaboration loyale et fraternelle. Dit autrement, frater adjutus a fatre.

Bonne lecture !

Christian Blais
Cosecrétaire de la Société des Dix