Culture

Robert Bourassa et la culture

[Fernand Harvey]
De 1970 à 1976, au Québec, se profile un élargissement de la notion même de culture qui ne se limite plus aux arts, aux lettres et au patrimoine. La recherche d’une politique culturelle pour le Québec est ainsi étroitement liée à l’affirmation d’une politique des communications, laquelle soulève des obstacles constitutionnels avec le gouvernement fédéral.

« J’ai pensé à vous… », cartes postales et artisanat textile

[Jocelyne Mathieu]
On connaît surtout la carte postale comme expression d’une pensée adressée à un proche à l’occasion d’un voyage, d’où son association avec le tourisme. D’abord pour la correspondance d’affaire, la carte postale sert souvent d’outil publicitaire en étant produite par des boutiques, des ateliers ou des sites à visiter; des produits sont ainsi promus, notamment comme souvenirs à rapporter. Certaines cartes mettent en valeur l’artisanat textile; elles retiennent ici notre attention. [source]

J’ai la mémoire qui tourne

[Andrée Fortin]
Cette « mémoire qui tourne » est une mémoire visuelle. Une mémoire en images. Quelles sont ses lignes de force ? Comment se construit une mémoire collective à partir de films de famille ? Quelles images retient-on et comment les structure-t-on ? Quels commentaires accole-t-on à ces images ? La sociologue Andrée Fortin analyse ici comment s’est construit cette mémoire collective avec la série télévisée « J’ai la mémoire qui tourne ». [source]

Tit-Coq de Gratien Gélinas (1948)

[Lucie Robert]
Dès sa création en 1948, Tit-Coq de Gratien Gélinas est reçu non seulement comme la « première » pièce de son auteur, mais aussi comme l’acte de naissance du théâtre canadien-français. Au fil de la réception critique (dramatique et littéraire) s’imposera cette idée d’un acte fondateur qui, dans le contexte des débats esthétiques de l’époque, va favoriser pour la première fois l’intégration du théâtre et des textes dramatiques dans l’histoire littéraire.

[Lucie Robert]
Présentée d’abord à Saint-Jean, où réside la famille Marchand, cette forme de théâtre amateur rejoint bientôt un public plus large dans différentes villes du Québec ainsi qu’à Ottawa et trouve sa justification dans le soutien à des œuvres de charité.

Jeanne d’Arc et la culture populaire au Québec

[Gilles Gallichan]
Comme une série d’images d’Épinal, l’épopée de Jeanne d’Arc s’est inscrite profondément dans l’imaginaire collectif. Sa figure a alimenté la culture populaire et les idéologies, elle a inspiré les écrivains, les compositeurs, les cinéastes, les artistes et elle porte l’idéal du patriotisme français depuis plus de deux siècles. [source]

Jeanne d’Arc arrive en Amérique

[Gilles Gallichan]
Lorsque Rome a attribué à Jeanne d’Arc les titres de «vénérable», de «bienheureuse», puis de «sainte», son histoire, en Amérique, et particulièrement au Canada français, a alors rejoint le discours sur l’identité, sur la langue, sur les racines françaises du Canada, sur la résistance à l’assimilation et sur la force des humbles. Jeanne pouvait inspirer les femmes luttant pour leurs droits, elle pouvait susciter des vocations dédiées au service, redonner aussi du courage aux soldats en temps de guerre. [source]

Jeanne d’Arc et le patriotisme canadien-français

[Gilles Gallichan]
« Notre patriotisme n’est-il pas un peu endormi ? Sans doute, par moment, il sursaute et a de brusques réveils, mais ce n’est pas assez; il lui faut une force étrangère, puissante pour le conduire à une victoire définitive. Que Jeanne d’Arc soit cette force permanente, cette âme immortelle qui groupe nos énergies et nous conduise sous l’étendard de Marie et de notre patrie jusqu’au bout. » (Leçon de patriotisme – Jeanne d’Arc, Le Droit, Ottawa, 22 mai 1920, p. 3.) [source]

Jeanne d’Arc, un prénom populaire au Québec

[Gilles Gallichan]
L’un des signes tangibles de la popularité de Jeanne d’Arc au sein de la société canadienne et québécoise, en particulier du côté des femmes, est l’apparition et la multiplication des prénoms «Jeanne » et «Jeanne d’Arc» données aux petites filles nées dans les premières décennies du XXe siècle. Au Québec, on adopte d’emblée le prénom «Jeanne-d’Arc», fort inusité aux oreilles françaises. Entre 1910 et 1930, les Jeanne-d’Arc se hissent au deuxième rang des prénoms féminins québécois les plus populaires après Rita.

Jeanne d’Arc et les femmes du Québec

[Gilles Gallichan]
Alors que l’Église porte Jeanne d’Arc comme un modèle idéalisé et sanctifié, le clergé tient un discours très conservateur sur le rôle des femmes. Au lendemain de la Guerre de 1914, les femmes réclament des droits politiques et juridiques. Pendant la guerre, plusieurs femmes sont sorties de la sphère privée et ont investi, plus que jamais auparavant, le marché du travail. L’Église ajuste en conséquence son discours pour ramener à l’ordre les femmes émancipées et revendicatrices, les féministes, les viragos et les suffragettes. [source]

Jeanne d’Arc, une image sublimée

[Gilles Gallichan]
Quand Jeanne d’Arc fut célébrée par le cinéma, l’opéra et le théâtre, le public a été au rendez-vous avec un élan remarquable. Lorsqu’un cardinal archevêque de Québec est devenu légat papal pour l’honorer jusqu’en France, les Canadiens français en ont ressenti un moment de grande fierté. Jeanne d’Arc a ainsi représenté une forme de rédemption de l’histoire.

Jeanne d’Arc, une popularité en déclin dès 1960

[Gilles Gallichan]
Avec le déclin de la pratique religieuse, Jeanne d’Arc est devenue plus folklorique. Par exemple, dans les débats parlementaires postérieurs aux années 1960, on évoque Jeanne d’Arc pour se moquer d’un adversaire «inspiré» qui entendrait «des voix». Les caricaturistes se servent de Jeanne pour illustrer une femme politique sacrifiée sur le bûcher de ses idéaux. Jeanne d’Arc n’a pas été, comme en France, l’objet de disputes idéologiques, mais elle fascine toujours, par sa force et sa détermination. [source]