Le prix des Dix

Datant des années soixante, le Prix des Dix a été relancé en 2001. Il est destiné à honorer une personne pour sa contribution remarquable dans le domaine de l’histoire du Québec ou de l’Amérique française (recherche ou diffusion).

Les lauréats

Lors de la soirée du lancement du Cahier n° 71 de la Société des Dix, qui s’est tenue le 12 février à la Librairie Laliberté de Québec, les travaux de l’historien Jean-Marie Lebel ont été reconnus par la remise du prix de la Société des Dix.
_deziel 2017 : Jean-Charles Déziel, réalisateur télé et président de la Société historique de Montréal, 2002-
[Texte à venir]

_foisy-12016 : Richard Foisy, chercheur et historien de l’art
Fidèle à sa pensée de reconnaître les « travailleurs de l’ombre », ceux qui font oeuvre d’érudition et qui sont rarement reconnus dans le milieu de la recherche universitaire, la Société des Dix attribue son prix annuel à Richard Foisy. Il est présenté par notre collègue Laurier Lacroix. D’abord connu dans le milieu musical et littéraire, Richard Foisy oeuvre également comme chercheur et historien de l’art. Il a mis en musique et interprété les poèmes de plusieurs écrivains québécois. Ses spectacles, souvent repris, lui ont valu dès 1991 le premier prix d’interprétation aux Rencontres francophones du spectacle à Sancoins. En 1998, il publie son propre recueil, Le Propre du temps (éditions Le Temps Volé) avec des illustrations de Réjeanne Lizotte.Cependant, c’est à l’écrivain Jean Narrache qu’il consacre une bonne partie de ses travaux. Dès 1993, il organise, à l’occasion du centenaire de sa naissance, une exposition à la Bibliothèque nationale du Québec et y présente un spectacle de poèmes dits et chantés. À cette occasion les éditions de l’Hexagone publient une anthologie de poèmes et de proses de Jean Narrache, Quand j’parl’ pour parler (réédition chez Typo en 2015). Ce travail de reconstitution de la carrière d’Émile Coderre (1893-1970) se poursuit jusqu’en 2015 avec la sortie d’un CD intitulé, Richard Foisy chante Jean Narrache et la publication de la biographie exhaustive de Jean Narrache, Un poète et son double (éditions de l’Hexagone).

Parallèlement à la préparation de ces publications, Richard Foisy collabore en 1998 à la mise sur pied du Centre de recherche sur l’atelier de L’Arche et son époque dont il devient le directeur. Le Centre a pour mission d’étudier les activités de cet important atelier du Vieux-Montréal, actif de 1904 à 1929. Un bulletin de liaison, Le Piscatoritule (48 numéros parus), est préparé par le directeur et relate l’état d’avancement des travaux du Centre. L’atelier de l’Arche a réuni de nombreux artistes et intellectuels montréalais. Richard Foisy s’attache à mieux faire connaître les individus et regroupements qui le fréquentaient et auxquels il a consacré publications et expositions. Plusieurs manifestations témoignent du travail accom­pli et d’autres réalisations sont en cours de préparation.

De plus, Richard Foisy a attiré l’attention sur la carrière de l’artiste Maurice Lebel en publiant en 2013, Maurice Le Bel (1898-1963), graveur et peintre : du terroir à l’abstraction. Cette monographie était accompagnée d’une exposition au Centre d’exposition Lethbridge de la Bibliothèque du Boisé de l’arrondissement de Saint-Laurent.

Collaborateur aux publications sur Rodolphe Duguay (Journal 1907-1927 (2002, éditions Varia) et Toussaint-Xénophon Renaud (2006, éditions Carte Blanche), Richard Foisy est régulièrement invité à partager les résultats de ses recherches avec le Musée national des beaux-arts du Québec et le Musée des beaux-arts de Montréal.

Comme on le remarque, ce sont plusieurs figures culturelles méconnues que notre récipiendaire met en lumière. Ce travail d’érudition apporte une contribution unique à la vie culturelle québécoise. C’est dans le but de souligner sa participation à l’enrichissement de notre histoire que la Société des Dix lui accorde son prix 2016.


_vaugeois

2015 : Denis Vaugeois, historien et éditeur
Il devient professeur d’histoire et enseigne dans diverses institutions tout en poursuivant des études qui le conduisent à une licence en lettres (1959) et une licence en pédagogie (1962) à l’université de Montréal et à une scolarité de doctorat en histoire à l’université Laval (1975).En 1965, il devient le premier directeur de l’enseignement de l’histoire dans le tout nouveau ministère de l’Éducation. Déçu par l’orientation de la réforme de l’éducation entreprise par le gouvernement du parti libéral du Québec, il bifurque vers des mandats internationaux. Après avoir été codirecteur du centre franco-québécois de développement pédagogique, il devient directeur général des relations internationales et, à ce titre, s’emploie à développer le réseau des délégations et maisons du Québec à l’étranger. Lors de l’élection générale québécoise de 1976, il est candidat du Parti québécois et il est élu député de la circonscription de Trois-Rivières à l’Assemblée nationale du Québec. En février 1978, il entre au conseil des ministres de René Lévesque. Nommé ministre des Affaires culturelles, il se consacre à la défense du patrimoine et au développement des bibliothèques et des musées. Il accepte en outre le ministère des Communications pendant la campagne référendaire de 1980 et dénonce par la suite les dépenses « illégales » du parti libéral fédéral dirigé par Pierre Elliott Trudeau. À la suite d’un désaccord avec le premier ministre Lévesque sur des questions d’aménagement du territoire, il quitte le conseil des ministres en 1981. Il démissionne comme député le 31 janvier 1985.


paul-aubin-prix-des-dix-2014-avec-guilles-gallichan-et-fernand-harvey2014 : Paul Aubin, historien et bibliographe
Le Prix de la Société des Dix est attribué en 2014 à Paul Aubin, pédagogue, historien du livre et bibliographe. Le Prix des Dix honore une personne ayant contribué au rayonnement des connaissances en histoire du Québec et de l’Amérique française. La Société des Dix cherche aussi, par ce Prix symbolique, à souligner l’œuvre d’artisans remarquables mais que les honneurs oublient souvent, effacés qu’ils sont dans l’ombre et l’amour du travail qui remplit leur vie. À cet égard, Paul Aubin mérite pleinement cette distinction.Paul Aubin a reçu une formation en pédagogie et en histoire à l’Université de Montréal. Il a enseigné plusieurs années au niveau secondaire et au collégial, au cégep Marie-Victorin. Il a ensuite travaillé à la Direction du patrimoine du ministère des Affaires culturelles où il a constitué des dossiers et des outils documentaires et où il a dirigé l’édition de nombreuses publications. Il a ensuite œuvré à l’IQRC (Institut québécois de recherche sur la culture) où il a entrepris une vaste recension bibliographique sur l’histoire du Québec depuis 1946, laquelle a donné naissance à la base de données Hiscabeq dont plusieurs tranches ont paru sous forme de recueils bibliographiques.Par la suite, Paul Aubin a consacré plusieurs années à dresser la plus imposante bibliographie rétrospective identifiant des milliers de manuels scolaires du Québec, du Canada et à travers le monde. On peut consulter ces bases de données qui sont maintenant accessibles en ligne. Le manuel scolaire est une publication si commune qu’on oublie la place qu’il occupe dans la formation des générations et dans l’histoire même de la pédagogie et de l’éducation. Par son travail de recension minutieuse, Paul Aubin a redonné au manuel scolaire ses lettres de noblesse, en rappelant la part d’idéal qu’il contient sur le savoir universel et sur le monde.En 2006, Bibliothèque et archives nationales du Québec a rendu justice à ce chapitre négligé de l’édition nationale en confiant à Paul Aubin le soin de monter une grande exposition intitulée : 300 ans de manuels scolaires au Québec, dont il est resté un prestigieux catalogue. En 2012, c’est l’Université Laval qui lui a demandé de présenter une exposition sur les catéchismes, intitulée : Dieu et l’école – Trois siècles de catéchisme au Québec.Paul Aubin est également l’auteur de nombreux ouvrages et articles scientifiques. Il a notamment contribué au grand chantier de l’Histoire du livre et de l’imprimé au Canada, paru en trois tomes aux Presses de l’Université de Montréal entre 2004 et 2007. Il a aussi participé à des colloques et donné nombre de conférences pour faire connaître les outils de travail qu’il a mis à la disposition des chercheurs.Par son travail de communication et de recherche, Paul Aubin a certainement bien mérité de la communauté scientifique québécoise et canadienne et particulièrement de la famille des historiens et des bibliothécaires. Le travail du bibliographe, discret et opiniâtre, permet d’appréhender l’héritage humaniste de la mémoire et du savoir. C’est donc avec bonheur que la Société des Dix rend hommage cette année à Paul Aubin.


_provencher2013 : Jean Provencher, historien et généalogiste
Cette année, le Prix des Dix est décerné à l’historien Jean Provencher. Originaire de Trois-Rivières, Jean Provencher a effectué ses études à L’Université Laval de Québec et à l’Institut des hautes études de l’Amérique latine de Paris. Il est l’auteur de nombreux articles de journaux et de plusieurs livres portant sur l’histoire et le patrimoine dont les principaux titres sont: Canada-Québec, Synthèse historique (en collaboration avec D. Vaugeois et J. Lacoursière, 1969); Québec sous la loi des mesures de guerre, 1918 (1971) ; Brève histoire du Québec (1991) ; Un citadin à la champagne (1995); L’histoire du Vieux-Québec à travers son patrimoine (2007). En outre, il est aussi l’auteur d’un recueil de poèmes, Les Sangles, et d’une pièce de théâtre, Québec, printemps 1918 (en collaboration avec Gilles Lachance).

Toutefois, son œuvre maîtresse, qui a connu un grand succès populaire, demeure Les quatre saisons dans la vallée du Saint-Laurent  d’abord publiée en quatre volumes, saison par saison à partir de C’était le printemps en 1980 jusqu’à C’était l’hiver en 1986. L’ensemble de cette production, effectuée avec constance année après année souvent avec des moyens limités, témoigne de la grande passion de Jean Provencher envers l’histoire et le patrimoine québécois de même que leur diffusion dans toutes les couches de la société.


_fournier

2012 : Marcel Fournier, historien et généalogiste
La Société des Dix est heureuse de décerner son Prix des Dix 2012 à Marcel Fournier, en reconnaissant en lui un acteur incontournable du milieu généalogique au Québec. Par ses publications, son enseignement et son implication communautaire, il a contribué au repositionnement de la généalogie comme pratique scientifique aux côtés de l’histoire sociale et de la démographie historique. Ses recherches ont, de fait, ouvert de nouvelles avenues en histoire du Québec et de l’Amérique française.Marcel Fournier est une figure bien connue dans le domaine de l’histoire et de la généalogie au Québec et en France. Auteur de 18 publications et d’une cinquantaine d’articles, il a apporté une contribution majeure à l’histoire des migrations en Nouvelle-France et au Québec, au cours des XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles. Auteur prolifique et conférencier recherché, Marcel Fournier s’est de plus fortement impliqué dans diverses associations de généalogie tant au Québec qu’en France, en plus participer à des projets qui se consacrent aux lieux de mémoire. Il a été notamment président de la Société généalogique canadienne-française (1999-2007) et directeur du projet Montcalm sur les soldats français ayant combattu en Nouvelle-France durant la guerre de Sept Ans (2006-2009). Depuis 1998, il coordonne au Québec le projet franco-québécois de recherche sur les origines familiales des émigrants français et étrangers établis au Canada des origines à 1865 (Le Fichier Origine).Marcel Fournier s’est mérité de nombreux prix au cours de sa carrière dont le prix Archange-Godbout, la plus haute distinction au Québec, pour l’ensemble de son œuvre historique et généalogique (2003) et la médaille de l’Assemblée nationale du Québec, pour son engagement au sein de la Société généalogique canadienne-française (2007). En juin 2001, il était admis à l’Académie internationale de Généalogie / international Academy for Genealogy, dont le siège est à Paris. En plus de ses activités de recherche et de sa participation à la vie associative du milieu généalogique, Marcel Fournier s’est préoccupé de transmettre ses connaissances par l’enseignement puisqu’il a donné plusieurs cours en généalogie dans diverses institutions de la région de Montréal.La Société des Dix a été fondée en 1935. Elle regroupe aujourd’hui dix praticiens de disciplines différentes, mais relevant toutes de la grande famille des sciences humaines. Ils mettent en commun leurs recherches et leurs travaux pour faire avancer les connaissances sur le Québec et plus largement sur l’Amérique française.


_beauregard2011 : Yves Beauregard, historien et collectionneur
Le prix des Dix 2011 est décerné à Yves Beauregard, historien, éditeur et collectionneur pour son travail de diffusion et de vulgarisation historique sur l’histoire du Québec. Détenteur d’une maîtrise en histoire de l’Université Laval, Yves Beauregard s’est distingué au cours de sa carrière par son souci de transmettre au grand public, les connaissances historiques développées par les spécialistes. En 1985, il a été parmi les premiers artisans de la revue Cap-aux-Diamants, avant d’en assumer la direction sans interruption depuis 1993. Entouré d’une équipe de collaborateurs, il a su faire de cette revue une publication culturelle de haut niveau et de belle tenue dont la diffusion est assurée sur l’ensemble du territoire québécois. Il a su, pour ce faire, mettre à contribution les chercheurs de divers horizons, incluant des spécialistes à qui il a demandé de vulgariser leur savoir pour le bénéfice du plus grand nombre. Animateur et organisateur infatigable, on le retrouve également à la direction de la revue SÉQUENCES (depuis 1994) et président de la SODEP (Société de développement des périodiques culturels québécois) depuis 2008. Spécialiste de l’iconographie, il a fait don, en 2007, de sa riche collection de photographies anciennes couvrant la période 1850-1950 – soit plus de 3 400 clichés – au Musée national des beaux-arts du Québec. Son expertise dans le domaine de l’iconographie, des archives et du patrimoine est régulièrement sollicitée par divers organismes, sociétés et instances gouvernementales.


_baillargeon

2010 : Hélène Pelletier-Baillargeon, journaliste et essayiste
C’est cette femme magnifique, cette intellectuelle aussi respectueuse que critique, cette historienne auto-formée au contact du présent et du passé que les Dix saluent aujourd’hui parmi les travailleurs de la preuve dont parlait Bachelard et parmi cette armée de l’ombre que furent les Résistants.Formée à l’enseigne de la littérature et de l’écriture – avec un mémoire de maîtrise sur Francis Jammes à l’Université de Montréal en 1954, des études de doctorat à l’École pratique des Hautes études et à la Sorbonne de 1957 à 1959 en vue d’une thèse sur François Mauriac – Hélène Pelletier-Baillargeon est venue civiquement à l’histoire, elle a emprunté un chemin très personnel, celui de son besoin de comprendre d’où venait son chemin et de faire comprendre où il pouvait mener.Pourquoi publie-t-elle en 1985 Marie Gérin-Lajoie, de mère en fille, la cause des femmes, et à partir de 1996 le premier tome de sa monumentale biographie d’Olivar Asselin dont le deuxième tome paraît en 2001 et le dernier tout récemment, en 2010 ? Comment cette littéraire de formation et cette femme – personne, épouse, mère – découvre-t-elle ses sentiers non battus de l’histoire ?Je me risque à lire des traces qui sont toujours, à vrai dire, un peu laissées sur la neige tant elles sont pour chacune et chacun difficiles à repérer.Son engagement dans l’aventure de la revue Maintenant commence par des collaborations en 1962, avant qu’elle ne devienne adjointe à la rédaction de 1964 à 1972. L’intellectuelle catholique critique assume la direction de la revue de 1972 à 1974, traversant les tempêtes qu’essuie un catholicisme d’hier et qui met du temps à comprendre qu’il ne peut pas ne pas être de maintenant. Au moment où Hélène Pelletier-Baillargeon tient chronique au Magazine Châtelaine, de 1974 à 1980, la citoyenne engagée pense son appartenance dans un essai, Le pays légitime, publié en 1979.Après le front du renouveau religieux, du combat féminin et du positionnement intellectuel, elle se retrouve sur le front de l’instruction publique, siégeant au Conseil supérieur de l’éducation de 1977 à 1981, puis partageant sa réflexion et son expérience à titre de conseillère au cabinet du Ministre de l’Éducation de 1981 à 1983.Ce cheminement intellectuel lui fait heurter l’histoire, celle d’une femme autrefois sur le front de l’éducation et du féminisme. Trois ans de recherche et de rédaction mènent à la publication en 1985 de sa première biographie, sur Marie Gérin-Lajoie, qui lui mérite le prix de la biographie Maxime-Raymond de l’Institut d’histoire de l’Amérique française. On lui avait donné : elle donne en retour son temps à la Fondation Lionel-Groulx.Puis, pour la journaliste chroniqueuse à La Presse entre 1986 et 1988, c’est le grand face à face biographique avec le versatile Asselin. Hélène Pelletier-Baillargeon accompagnera intellectuellement l’intempestif journaliste pendant plus de vingt ans, nous faisant espérer chaque tome de la biographie.Ce sont là les figures historiques auxquelles elle s’est intéressée. Mais l’intellectuelle a suivi d’autres aventures intellectuelles et spirituelles de maintenant, celle de Simone Monet-Chartrand, celle des religieuses du Carmel de Montréal, celles de Jacques Grand’Maison et de Robert Cliche.


_vincent

2009 : Sylvie Vincent, anthropologue, spécialiste de l’histoire autochtone.
Sylvie Vincent a consacré toute sa carrière, à la « question » amérindienne, depuis l’histoire, la tradition orale, l’art, les conditions socio-économiques contemporaines, les revendications, etc., et par delà à la lutte contre le racisme et l’ethnocentrisme, pour une reconnaissance de l’altérité autochtone et pour une définition inclusive du nous québécois et du nous canadien. Elle fut l’une des fondatrices de la revue Recherches Amérindiennes au Québec, à laquelle elle a offert son soutien indéfectible durant quatre décennies. Elle a voulu que cette revue ne se caractérise pas seulement par la rigueur scientifique, mais également par son engagement pour la promotion des autochtones dans une perspective de responsabilité citoyenne, d’attention aux enjeux contemporains et de diffusion pour changer les perceptions et les mentalités.Ses recherches s’inscrivent toutes dans ces mêmes paradigmes. Remarquable travail d’enquête pour recueillir, documenter, reconstituer, analyser, diffuser la tradition orale, les histoires de vie, les mythes, les rituels, les œuvres rupestres, les visions du monde, l’occupation du territoire, la toponymie. Cela a toujours conduit à une remise en question radicale du narratif historique colonial dominant de même que des méthodes de travail habituelles. Remarquable travail d’enquête également sur les conflits contemporains : les rivières à saumon et la pêche industrielle ou sportive, les grands barrages, la pollution par le mercure, les zones d’exclusion pour l’aviation militaire de la défense nationale canadienne, bref, pour tout ce qui concerne, à l’époque contemporaine, la poursuite des dépossessions territoriale et identitaire autochtones sous toutes leurs formes. Sylvie Vincent est la co-auteure avec Bernard Arcand du livre : L’image des Amérindiens dans les manuels scolaires, qui leur a valu le prix Eaford (Organisation for Elimination of All Forms of Racial Discrimination). Sylvie Vincent n’a pas que dénoncé le racisme de nos manuels scolaires et l’héritage colonial de notre historiographie ; elle a été très active pour proposer la transformation des programmes de sciences humaines au primaire et au secondaire, pour produire des guides à l’usage des professeurs du primaire et du secondaire, pour parler des Amérindiens et des Inuits, pour concevoir des manuels d’histoire à l’usage des étudiants autochtones de même qu’à celui des étudiants adultes de retour aux études.


_lacoursiere2007-2008 : Jacques Lacoursière, éminent vulgarisateur de l’histoire du Québec
Pour marquer la quatre centième année de la capitale du Québec, la Société des Dix a voulu rendre hommage à un éminent vulgarisateur de l’histoire du Québec, Monsieur Jacques Lacoursière. Le lauréat 2007-2008 est un vulgarisateur dans l’acception la plus noble du terme, ayant su, au cours de sa brillante carrière, utiliser tous les médias pour rendre l’histoire accessible et compréhensible à tous. Il a su faire passer l’histoire du Québec et de l’Amérique française des livres vers les journaux et les revues, de la radio vers la télévision, le cinéma et Internet. Natif de Shawinigan, Jacques Lacoursière possède une vaste culture nourrie par un intérêt passionné pour les lettres en général et l’histoire en particulier. Dans les années 1960, avec Denis Vaugeois et Jean Provencher, il a été un artisan du journal Boréal Express et de la synthèse historique Canada-Québec qui a ouvert la connaissance de l’histoire à des centaines de milliers d’étudiants québécois. Sa bibliographie est impressionnante et contient de grands titres, telle son Histoire populaire du Québec dont le cinquième tome paraîtra bientôt. Certains l’ont qualifié en souriant de « Columbo de l’histoire », pour souligner ses qualités d’enquêteur obstiné et pugnace au bénéfice de la connaissance de notre « Épopée en Amérique ».Les Dix ont aussi envers Jacques Lacoursière une longue dette de reconnaissance pour avoir toujours soutenu et encouragé le travail de cette équipe d’historiens, et pour avoir toujours accordé une visibilité médiatique à la parution des Cahiers. Qui plus est, il a connu et fréquenté certains des fondateurs de la Société, dont l’illustre Trifluvien Albert Tessier qui lui a transmis sa passion de l’histoire. Jacques Lacoursière est depuis toujours un ami fidèle des Dix.Le prix des Dix apparaît bien modeste devant les nombreuses distinctions qu’il a reçues; la dernière à ce jour, et la plus prestigieuse, étant sans doute le prix national Gérard-Morisset 2007 qui souligne une contribution insigne au patrimoine culturel québécois. Néanmoins, par cette mention honorifique, la Société des Dix tient à remercier Jacques Lacoursière pour sa ferveur, et à reconnaître son rôle d’éveilleur et de motivateur infatigable. Il peut être considéré comme le professeur d’histoire du Québec tout entier et les Dix sont heureux et fiers de le saluer.


Georges Aubin

2006 : Georges Aubin, auteur et spécialiste des textes des Patriotes
Littéraire de formation, le lauréat du Prix des Dix 2006 a pris sa retraite de l’enseignement secondaire sans retraiter. Avec l’appui et l’aide de Renée Blanchet, son épouse et auteure de romans historiques, Georges Aubin a entrepris d’éditer les textes de Patriotes (Wolfred Nelson, Boucher-Belleville, Marchessault, Ouimet, à titre d’exemples), et en particulier la correspondance expédiée de Louis-Joseph Papineau ; ont paru les lettres à Julie, à ses enfants, à divers correspondants et paraîtront bientôt les lettres à sa famille avant qu’il ne s’attaque à l’édition de la correspondance d’Amédée. Son travail acharné le mène dans les archives quasi quotidiennement quand il n’est pas à Paris, à Lyon ou à Dublin pour traquer une correspondante de Papineau ou un document relatif à Lactance Papineau. Associés au cinéaste Francois Labonté, Renée Blanchet et Georges Aubin ont rendu possible une connaissance profondément renouvelée de Papineau. À ce seul titre, et parce qu’il l’a fait avec passion, rigueur et indépendance, Georges Aubin mérite que nous saluions son travail.


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2005 : Gisèle Huot, auteure et éditrice
Adresse des Dix à madame Huot lors de cette attribution : «Les Dix reconnaissent en vous un exemple de la générosité de l’érudition, du travail éprouvant mais indispensable de l’édition critique. Sans vos travaux sur la poésie d’Hector de Saint-Denys Garneau, sur son œuvre en prose, ses inédits, son œuvre picturale, son journal, sa correspondance, notre connaissance de l’œuvre de cette figure centrale de la vie intellectuelle de la décennie 1930 eût été différée, incomplète, pour tout dire de peu de valeur. Sans votre collaboration à l’édition du Journal et de la Correspondance de Lionel Groulx, notre accès à la pensée et à la sensibilité de Groulx eût été trop partiel. Votre édition des lettres du père Chenu, d’Étienne Gilson et de Jacques Maritain au père Louis-Marie Régis de même que la publication de la correspondance entre Groulx et le jeune père Georges-Henri Lévesque à propos du débat sur l’action catholique et l’action nationale nous disent votre perspicacité à baliser les pistes de la recherche historique. Au nom de tous les usagers de vos travaux, les Dix veulent exprimer l’admiration des universitaires et du public lettré pour la qualité de vos travaux et la constance de votre travail. Sans vous, qu’eût été la connaissance de Saint-Denys Garneau et de Groulx ?»


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2004 : Jocelyn Saint-Pierre, historien
L’historien Jocelyn Saint-Pierre s’est vu attribuer le Prix des Dix 2004 en reconnaissance de l’immense travail lié au projet reconstitution des Débats de l’Assemblée législative dont il est le directeur et l’animateur depuis plus d’un quart de siècle. Par l’engagement de toute une vie consacrée aux institutions parlementaires, par sa compétence et ses talents reconnus parmi la communauté des historiens et par les services rendus à la recherche sur l’histoire du Québec, Jocelyn Saint-Pierre mérite assurément l’hommage que la Société des Dix a tenu à lui rendre en 2004.  Originaire du Saguenay, Jocelyn Saint-Pierre a fait ses études en histoire à l’Université du Québec à Chicoutimi et à l’Université Laval qui lui a décerné un doctorat en 1993. Toute sa vie de chercheur a été consacrée à l’histoire parlementaire et, en particulier à l’histoire de la presse parlementaire. Pionnier et animateur du programme de reconstitution des débats antérieurs à 1963, il a été le capitaine d’une barque souvent secouée par des mers hostiles. Mener contre vents et marées un projet de recherche s’échelonnant sur plusieurs années dans un milieu administratif peu habitué aux exigences du travail intellectuel représente en soi une grande prouesse. En 2005, ce navire vogue heureusement dans des eaux moins agitées, puisque le travail de base de la reconstitution est terminé et que les prochaines années seront consacrées à l’édition de ce travail.


2003 : Bernard Genest, ethnologue
Les membres de la Société des Dix ont résolu à l’unanimité de décerner le Prix des Dix 2003 à l’ethnologue Bernard Genest, rattaché à la Direction du patrimoine du Ministère de la Culture et des Communications du Québec. Rappelons que ce prix a pour objectif de souligner une contribution remarquable à la recherche et/ou à la diffusion des connaissances concernant l’histoire du Québec et de l’Amérique française. Bernard Genest est bien connu dans les milieux de l’ethnologie québécoise où il a œuvré depuis 1974 à l’approfondissement des connaissances sur le patrimoine québécois. Il s’est d’ailleurs mérité la Médaille Marius-Barbeau de l’Association canadienne d’ethnologie et de folklore en 1998. À titre d’auteur, de coauteur et de directeur d’ouvrages collectifs, il a publié de nombreux livres et articles visant à mettre en valeur la culture matérielle et immatérielle du Québec. Parmi cette longue liste de publications, soulignons quelques titres : Massicotte et son temps (Boréal, 1979), Les artisans traditionnels de l’Est du Québec (en coll., MAC, 1979), Le macro-inventaire du patrimoine québécois (en coll., Publications du Québec, 1985), « La tradition orale et les savoirs artisanaux » dans Traité de la culture, (Denise Lemieux, dir, Éd. IQRC, 2002), Une saison au bord de l’eau : Lac Magog, un site de villégiature dans les Cantons de l’Est, (Sherbrooke, Éd. GGC, 2003).


_beaulieu

2002 : André Beaulieu, bibliographe
En lui décernant son prix 2002, la Société des Dix veut reconnaître le travail souvent sous-estimé mais combien essentiel des bibliographes pour la recherche historique. La carrière d’André Beaulieu témoigne d’un travail constant pour développer des outils de recherche qui ont servi et continueront de servir à plusieurs générations de chercheurs. André Beaulieu est avantageusement connu dans les milieux de l’histoire et de la bibliothéconomie pour ses travaux de pionnier en bibliographie. Après avoir été bibliothécaire à l’Université Laval dans les années 1960, il devient directeur adjoint de la Bibliothèque de l’Assemblée nationale à Québec. Il a ensuite créé le Service d’accueil et d’information à l’Assemblée, fondé un musée parlementaire et publié des ouvrages sur le patrimoine politique. Puis, il a œuvré aux Archives nationales dans les dossiers d’acquisition des fonds privés. Son œuvre principale en bibliographie demeure La Presse québécoise des origines à nos jours (11 volumes, Québec 1973-1990). Ce travail fondamental, réalisé conjointement avec Jean Hamelin, a largement contribué à développer les études sur l’histoire de la presse, du journalisme et des idéologies au Québec. On lui doit également, en collaboration avec Jean Hamelin et Jean-Charles Bonenfant, un Répertoire des publications gouvernementales du Québec de 1867 à 1964 (Québec, 1968), de même qu’un Supplément pour 1965-1968 (Québec, 1970) et une bibliographie sur les monographies locales et régionales au Québec avant 1950, La province de Québec (Toronto, 1971), en collaboration avec William F. E. Morley. Il a aussi dressé des catalogues d’exposition.


_lucius2001 : Lucius Laliberté, éditeur et libraire.
Monsieur Lucius Laliberté est l’éditeur-fondateur des Éditions La Liberté. En plus d’avoir contribué financièrement à la relance des Cahiers des Dix à partir de 1983 et d’avoir été un participant enthousiaste à nos diverses activités, monsieur Laliberté s’est distingué comme un éditeur et un libraire soucieux de diffuser les connaissances sur l’histoire du Québec. La maison La Liberté dont le siège social est à Sainte-Foy compte plusieurs dizaines de titres en histoire.


1968 : Lucien Brault, historien de l’Outaouais
Archiviste aux Archives nationales du Canada et professeur d’histoire au Collège militaire de Kingston.


1967 : Léon Pouliot, auteur d’études savantes sur les Relations des Jésuites, d’une biographie de Mgr Ignace Bourget et de nombreux autres ouvrages d’histoire québécoise.


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1966 : Mgr Victor Tremblay reçoit la Médaille des Dix des mains de Jean-Noël Tremblay, ministre des Affaires culturelles. En arrière-plan : Gérard Malchelosse, secrétaire des Dix. Musée du Québec, le 15 janvier 1966

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_morissette

1965 : Gérard Morisset, conservateur du Musée national des beaux-Arts du Québec (Musée du Québec), directeur de l’Inventaire des œuvres d’art, membre de la Commission des monuments historiques et auteur prolifique d’ouvrages littéraires et d’histoire de l’art.