Voix des esclaves autochtones et des esclavagistes

Dominique Deslandres a mis au jour un cas troublant : le procès intenté à un esclave autochtone nommé Constant, accusé d’intrusion dans la maison entièrement féminine de madame de Saint Pierre, une propriétaire d’esclaves habitant rue Notre-Dame, à Montréal en 1757.

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Dominique Deslandres poursuit ses recherches sur la culture judiciaire sous le régime français en explorant les riches archives de la juridiction royale de Montréal. L’enquête en cours révèle que la présence au tribunal du roi d’autochtones, libres ou asservis, est beaucoup plus consistante qu’on ne l’a dit jusqu’à présent. C’est ainsi qu’elle a mis au jour un cas troublant : le procès intenté à un esclave autochtone nommé Constant, accusé d’intrusion dans la maison entièrement féminine de madame de Saint Pierre, une propriétaire d’esclaves habitant rue Notre-Dame, à Montréal en 1757. Le présent article adopte la perspective de l’histoire intersectionnelle en examinant les dynamiques de pouvoir à l’oeuvre dans ce procès, mais aussi dans la maison où se produit le crime. D’une part, il montre comment s’articulent les logiques de domination liées à la race, au sexe et au statut social. D’autre part, grâce aux verbatim des interrogatoires et des témoignages, il donne à entendre les voix des protagonistes et tente de prendre la mesure de leur horizon d’action pensé et vécu (agentivité), à l’intérieur de l’institution servile qui caractérise la société coloniale.

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