Archives de catégorie : entrevue

Andrée Fortin / J’ai la mémoire qui tourne

« J’ai la mémoire qui tourne » est une série télévisée de 12 émissions, réparties en 3 saisons de 4 émissions chacune2. Il s’agit de documentaires de 46 minutes, réalisés à partir de « films de famille », c’est-à-dire tournés au sein de familles québécoises entre les années 1920 et 1980, recueillis et mis en forme par les Productions de la Ruelle, diffusés sur la chaine Historia de 2009 à 2011, et disponibles depuis lors sur Internet ainsi qu’en DVD.

Dans le communiqué de presse annonçant qu’elle venait de recevoir le prix Pierre-Burton du Gouverneur général en 2012, la série a été qualifiée d’emblématique. En 2009 elle a remporté le Grand Prix Boomerang (d’Infopresse), catégorie Site Média, ainsi que cinq nominations aux Prix Gémeaux en 2009. Elle a été, depuis le début, utilisée dans l’enseignement, tant au primaire, au secondaire qu’à l’université, et l’est encore. La première saison aurait retenu l’attention de 180 000 à 200 000 téléspectateurs « lors de sa première diffusion » à la chaine Historia3.

Cette visibilité et ce rayonnement ont piqué ma curiosité. Cette « mémoire qui tourne » est une mémoire visuelle. Une mémoire en images. Quelles sont ses lignes de force ? Comment se construit une mémoire collective à partir de films de famille ? Quelles images retient-on et comment les structure-t-on ? Quels commentaires accole-t-on à ces images ?

Jocelyne Mathieu / J’ai pensé à vous… Cartes postales et artisanat textile

La carte postale rejoint une grande partie de la population comme support de correspondance brève, surtout depuis la multiplication des déplacements et le développement du tourisme.

Des collectionneurs et des chercheurs ont proposé des regroupements de cartes selon les sujets et différents intérêts, dont la catégorie de celles qualifiées parfois de folkloriques, c’est-à-dire présentant des scènes considérées typiques ou représentatives de pratiques dites traditionnelles.

Certaines d’entre elles mettent en valeur l’artisanat textile et les costumes. C’est à cette thématique, associée plus spécifiquement au contexte québécois, voire canadien, que nous nous intéressons dans cette capsule vidéo.

Louis-Georges Harvey / D’O’Connell à Robespierre

Les représentations de Papineau qui émergent dans le discours politique anglophone des années 1820 et 1830 se construisent à l’aide d’un vocabulaire politique et de dialectiques qui structurent la sphère publique locale, mais qui découlent de multiples traditions discursives observées dans les contextes britanniques, étatsuniens, ainsi qu’ailleurs en Amérique du Nord britannique. Les textes consacrés à Papineau entre 1827 et 1832 tournent sur la question de son aptitude à assumer les fonctions de président de l’Assemblée et de son rôle à la tête d’une cabale politique, que l’on désigne « Papineau faction ». Les journaux réformistes repoussent ces critiques et leur opposent une représentation de Papineau comme défenseur des droits du « peuple » bas-canadien au sens large du mot. Les attaques des critiques du chef patriote s’intensifient entre 1832 et 1834, alors qu’on insiste particulièrement sur la démagogie du chef patriote. Après 1834, les nombreux textes dédiés à Papineau le personnifient sous les traits d’un révolutionnaire français, parfois même de Robespierre, témoignent de la vigueur de la tradition anti-jacobine au Bas-Canada. Dans tous les cas, la figure de Papineau vient à incarner certains prototypes bien établis dans l’univers discursif de l’époque que les intervenants brandissent pour susciter la réaction du lecteur en renvoyant des images et des références historiques déjà très familières.