Archives de catégorie : Société des Dix

Du théâtre en famille, les marchands et le théâtre de société

Lucie Robert explore dans son article la pratique du théâtre de société au Québec au cours du dernier tiers du XIXe siècle, à partir des créations et des réalisations de Félix-Gabriel Marchand et des membres de sa famille parmi lesquels se démarque sa fille Joséphine. Présentée d’abord à Saint-Jean, où réside la famille Marchand, cette forme de théâtre amateur rejoint bientôt un public plus large dans différentes villes du Québec ainsi qu’à Ottawa et trouve sa justification dans le soutien à des oeuvres de charité. Selon Lucie Robert, il y a lieu de réfléchir sur le rôle du théâtre de société dans la redéfinition de la sociabilité bourgeoise à la fin du XIXe siècle tout comme dans les rapports de parenté, comme le suggèrent les textes dramatiques, surtout des
proverbes, rédigés par les Marchand père et fille.

  Télécharger le balado

Voix des esclaves autochtones et des esclavagistes

Dominique Deslandres a mis au jour un cas troublant : le procès intenté à un esclave autochtone nommé Constant, accusé d’intrusion dans la maison entièrement féminine de madame de Saint Pierre, une propriétaire d’esclaves habitant rue Notre-Dame, à Montréal en 1757.

 Version balado

Dominique Deslandres poursuit ses recherches sur la culture judiciaire sous le régime français en explorant les riches archives de la juridiction royale de Montréal. L’enquête en cours révèle que la présence au tribunal du roi d’autochtones, libres ou asservis, est beaucoup plus consistante qu’on ne l’a dit jusqu’à présent. C’est ainsi qu’elle a mis au jour un cas troublant : le procès intenté à un esclave autochtone nommé Constant, accusé d’intrusion dans la maison entièrement féminine de madame de Saint Pierre, une propriétaire d’esclaves habitant rue Notre-Dame, à Montréal en 1757. Le présent article adopte la perspective de l’histoire intersectionnelle en examinant les dynamiques de pouvoir à l’oeuvre dans ce procès, mais aussi dans la maison où se produit le crime. D’une part, il montre comment s’articulent les logiques de domination liées à la race, au sexe et au statut social. D’autre part, grâce aux verbatim des interrogatoires et des témoignages, il donne à entendre les voix des protagonistes et tente de prendre la mesure de leur horizon d’action pensé et vécu (agentivité), à l’intérieur de l’institution servile qui caractérise la société coloniale.

Tit-Coq (1948) de Gratien Gélinas, de l’événement théâtral à la consécration littéraire

Dès sa création en 1948, Tit-Coq de Gratien Gélinas est reçu non seulement comme la «  première » pièce de son auteur, mais aussi comme l’acte de naissance du théâtre canadien-français. Or, la pièce elle-même, comme son auteur, tire profit d’une certaine tradition théâtrale, largement antérieure, qui se trouve ainsi reniée. Néanmoins au fil de la réception critique (dramatique et littéraire) s’imposera cette idée d’un acte fondateur qui, dans le contexte des débats esthétiques de l’époque, va favoriser pour la première fois l’intégration du théâtre et des textes dramatiques dans l’histoire littéraire.